Mairie de Montpellier: une déclaration du NPA

Au sortir des Régionales et suite au Conseil Municipal de Montpellier, lundi dernier, le NPA communique ce qui suit

(en fin de communiqué un article de Midi Libre du 9 avril qui montre que les frêchistes semblent attendre 2014 pour lancer l’offensive sur la mairie de Montpellier):

1 – Une crise de la majorité municipale de Montpellier

Nous pouvons parler d’une crise de la majorité municipale dans le sens où elle touche tous les partis qui s’y retrouvent. Bien entendu, le PS est l’épicentre de la crise mais avec des effets sur le PC et le Modem. La guerre entre Mandroux, soutenue par le PS national, et Frêche, soutenu par le PS local, divise aussi le PC.

2 – Cette crise vient de loin

Nous assistons à la suite des Régionales. Les règlements de compte au sein du PS sont loin d’être terminés. Le conseil municipal de Montpellier est devenu le lieu de l’affrontement. Il est à noter que, depuis 2 ans, tous les élus de la majorité, qu’ils soient aujourd’hui frêchistes ou non-frêchistes, ont voté les budgets et les délibérations proposées.

Le PS, après avoir exclu Frêche, lui a laissé les clés de la maison et la direction du parti. Le réveil des plus tardifs de la direction nationale et sa façon de faire ont réussi à victimiser Frêche, victimisation qu’il a pleinement « capitalisée » aux Régionales. Le Parti socialiste porte une responsabilité directe dans cette situation pour ne pas avoir voulu en finir clairement avec un populiste qui est, depuis le début, en accord avec les orientations majeures de Sarkozy comme la réforme territoriale ou la contre-réforme des retraites.

3- La responsabilité du PS et du PC

Arrivé à la moitié du dernier conseil municipal, Frêche est intervenu fermement et violemment contre Mandroux. Son intention est limpide et fidèle à sa ligne de conduite ; nous pourrions la résumer ainsi « soumets-toi ou démets-toi ».

Max Levita, président du groupe socialiste, a, tout comme la grande majorité des socialistes du conseil municipal, soutenu Frêche lors des Régionales. Que va faire ce groupe aujourd’hui ?
Soutenir Frêche, l’homme qui veut supprimer un millier d’emplois à la Mairie de Montpellier et soutient Sarkozy ?

Que va faire le PC divisé en deux, 3 de ses élus ayant soutenu la liste AGM ! et 2 autres la liste Frêche ?

La responsabilité de ces partis est directement engagée.

Le NPA, sans aucune illusion sur la majorité actuelle, considère qu’une victoire de Frêche ne pourrait qu’aggraver la vie des montpelliérains et signifierait une victoire de plus pour un homme dont le seul projet, au-delà de la satisfaction de son immense ego, est « la création d’un grand parti démocrate à l’américaine », c’est à dire un parti de droite.

4 – En toute indépendance

Comme nous le faisons depuis 2 ans, nous continuerons à défendre les besoins sociaux des montpelliérains et une orientation politique d’alternative au libéralisme, une orientation donc de totale indépendance vis-à-vis du social-libéralisme. Nous conservons notre liberté de parole et de vote.

5 – S’il y a de nouvelles élections

Si la crise politique de la majorité municipale venait à provoquer de nouvelles élections, le NPA proposera à la gauche antilibérale et anticapitaliste de se rencontrer en vue de constituer une liste unitaire. Cette démarche s’adresse aux partis avec qui nous avons mené la liste régionale « A gauche maintenant ! ».

Le Parti Communiste, qui est membre de la majorité municipale, aura un choix à faire comme cela a été le cas pour les Régionales.

Jeudi le 1er Avril 2010

Lu dans Midi Libre du 9 avril 2010

Montpellier. Saurel : « Je postule à la fonction de maire »

CAMPAGNE : Les élections municipales devraient avoir lieu en 2014

« J’ai décidé de postuler le moment venu à la fonction de maire de la ville. » C’est l’annonce que le socialiste Philippe Saurel, adjoint au maire délégué au projet urbain, a livrée hier par communiqué à la surprise générale. Car si nul ne doutait de sa volonté d’en découdre un jour afin de s’installer dans le fauteuil de premier élu, le timing peut étonner. Soit quatre ans avant l’échéance (dans son communiqué, il parle lui-même de « l’exécutif qui sera élu à Montpellier en 2014 », ne semblant donc pas envisager de plus prématurées échéances) et quelques jours seulement après la guerre civile qui a déchiré la majorité municipale le temps des élections régionales entre pro-Frêche et pro-Mandroux.

A ces interrogations, Philippe Saurel acceptait donc hier de répondre : « Non! » , nous affirma-t-il, il n’a pas appelé Georges Frêche avant d’envoyer son communiqué aux rédactions. Et « Non ! », répéta-t-il, ce n’est pas Georges Frêche qui lui a ordonné d’envoyer ledit communiqué.

« C’est une candidature Philippe Saurel, avec ma propre culture » , accepta-t-il de développer dans la foulée. « Je suis fidèle à Georges Frêche (dont l’action est louée dans le communiqué alors le nom de Mandroux n’est jamais cité, NDLR) . Je pense avoir sa confiance, il me l’a témoignée à de nombreuses reprises. Mais je ne l’ai pas appelé, il ne m’a pas appelé, on n’est pas dans ce schéma. » Et comme pour évacuer rapidement toutes les questions qui fâchent, il avait auparavant précisé : « Je suis adjoint d’Hélène Mandroux et, dans la mesure où il n’y a pas d’effritement de l’exécutif, il n’y a pas de raison que je ne travaille pas dans l’équipe municipale. Mais je souhaite aussi mettre mon énergie au service des Montpelliérains. Mon grand objectif ? La métropole, c’est fondamental, c’est une priorité de développement économique et urbain à la ville. »

Restait cette question : pourquoi Philippe Saurel s’élance-t-il si loin de l’échéance ? « Fédérer des équipes, élaborer des programmes, cela demande du temps, ça ne se fait pas à la légère. Et puis on sort des régionales, on va entrer dans la campagne des cantonales. Je voulais dissocier tout ça. Le canton sur lequel je suis élu au conseil général est renouvelable en 2011 et il n’y a pas de raison pour que je ne sois pas candidat même si ce sont les militants qui décideront qui doit l’être » , assurait-il prudent.

Des précautions de langage qu’il n’avait d’ailleurs de cesse d’usiter, hier, en commentant son coming out pour le scrutin de 2014, rappelant systématiquement que sa démarche n’était pour l’instant qu’ « une déclaration d’intention de candidature devant les militants ». Il n’empêche, en ce jeudi, Philippe Saurel est bien sorti du bois. Pour se positionner et, peut-être, pour prendre de vitesse d’éventuels rivaux dans son propre camp, rivaux qui, eux aussi, pensent aux municipales de 2014. Et pas seulement le matin en se rasant.

Vincent COSTE

Mandroux : « Il ne doit pas se tromper de combat » (ML)

On a imaginé un moment qu’Hélène Mandroux, prônant depuis quelques jours la réconciliation et l’entente entre élus de sa majorité, n’allait pas vouloir réagir face à cette déclaration d’intention un tantinet provocatrice de la part de son adjoint à l’urbanisme Philippe Saurel, et par ailleurs proche de Georges Frêche.

Que nenni. Le maire, dans un communiqué à la fois cinglant et ironique, fait savoir que « c’est avec quelque étonnement que je viens d’apprendre la volonté de l’adjoint à l’urbanisme de postuler, le moment venu, à la fonction de maire. A quatre ans des municipales, alors que nous sortons à peine des régionales, cet acte de candidature ne me paraît pas propice à la nécessaire sérénité pour le bien-être des Montpelliérains. Car il ne faut pas se tromper de combat : l’urgence est de travailler pour l’intérêt général, d’entendre les souffrances de nos concitoyens, à l’heure où 1 habitant sur 5 de notre région vit en dessous du seuil de pauvreté. Il n’est pas de prétendre à telle ou telle fonction, si prestigieuse ou enviable soit-elle. Le combat d’aujourd’hui, c’est celui de 2012 : combattre la politique de Nicolas Sarkozy doit être notre priorité. L’adjoint à l’urbanisme le dit lui-même : il en va de notre  » devoir de ne pas aborder les échéances de 2014 en panne de réalisations, d’idées ou de projets ». C’est une très bonne analyse, c’est à cela que nous devons tous nous atteler. »

Reste maintenant à savoir si les relations de convenance établies jusqu’ici entre ces deux élus, vont pouvoir résister encore quatre ans.

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Ensemble 34
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