Languedoc-Roussillon Dégringolade du revenu des viticulteurs (Midi Libre) / Foncier Des hauts et des bas pour le prix des vignes (Midi Libre)

1/ 31 juillet : Foncier Des hauts et des bas pour le prix des vignes (Midi Libre)

2/ On lira après l’article sur la dégringolade des revenus des viticulteurs : Narbonne. L’attentat signé Cav coûtera 100 000 € / Narbonne. La MSA : cible d’un commando du CAV (La Dépêche) / Nimes. LES JEUNES AGRICULTEURS DU GARD EN COLÈRE.

On lira également ce que, aux dernières élections régionales, la liste A Gauche Maintenant! (à laquelle participait le NPA L-R), écrivait, pour la viticulture, dans son programme.

Et en document annexe : Débats et Combats d’aujourd’hui pour la viticulture de demain… (Confédération Paysanne)


1/ 31 juillet : Foncier Des hauts et des bas pour le prix des vignes (Midi Libre)

Dans un marché foncier rural qui s’est contracté en 2009 (- 22 % en surfaces vendues et – 17 % en valeur selon les relevés de la Safer), le prix moyen des terres et prés est resté au même niveau qu’en 2008, à 6 350 € par hectare.

Ce prix moyen reste inchangé en Lozère (4 970 €), il augmente fortement dans l’Aude (+ 12 % à 5 750 €) et légèrement dans l’Hérault (+ 2 % à 7 480 €). Alors qu’il baisse dans les Pyrénées-Orientales (- 14 % à 11 050 €) et le Gard (- 7 % à 8 330 €). Dans l’Aveyron, le prix des terres et prés augmente, lui, de 3 % à 6 940 €.

Concernant le prix des vignes, on est encore loin des années 2002-2004, mais la Safer constate un léger réajustement des prix par rapport aux plus de 2007-2008.
« Le prix s’adapte aux mesures de l’OCM européen et inclut le prix de la terre plus celui de la prime d’arrachage… », notent les spécialistes de la Safer.

Il reste qu’en matière de terres viticoles, les disparités sont énormes entre Corbières ou Minervois qui affichent de 9 000 à 10 000 € et le Tavel où l’hectare se négocie autour de 80 000 €. Pour les appellations, le prix moyen est le plus faible dans l’Aude avec 9 800 €/ hectare. Les terres les mieux cotées sont dans la Clape (14 000 €) et à Limoux (13 000 €).

Dans l’Aude, le prix moyen des terres d’appellations est plus faible que celui des terres de vins de pays. Conséquence de la dévalorisation des AOC Corbières et Minervois.

Dans le Gard, il faut distinguer la partie vallée du Rhône (Costières, Côtes du Rhône Lirac, Tavel) où le prix moyen, s’établit à 18 900 € et la partie Bellegarde et Languedoc avec un prix de 13 400 €.

Dans l’Hérault, où le prix s’élève à 13 900 €, les vedettes restent Pic Saint-Loup (37 000 €) et la Méjanelle (35 000 €), sans oublier Muscat de Frontignan à 27 000 € et celui de Saint-Jean-de-Minervois à 23 000 €. Faugères affiche des tarifs autour de 15 000 €, Saint-Chinian de 12 000 €.

Dans les P-O, le prix moyen est à 10 400 € avec un plus haut de 22 000 € à Banyuls et Collioure.

Enfin, le petit vignoble de Marcillac, en Aveyron, suit une courbe inverse des appellations du Languedoc-Roussillon : le prix des terres ne cesse d’y grimper et atteint 30 000 € en moyenne.

La conclusion, c’est que le « plus grand vignoble du monde » du Languedoc-Roussillon reste une région viticole très attractive pour des investisseurs qui souhaitent rester dans des ratios raisonnables. Au contraire du Bordelais où la moyenne flirte avec les 75 000 €. Peu par rapport aux grands crus de Côte-d’Or où la moyenne s’établit à trois millions d’euros avec des transactions où l’on peut dépasser les 7 millions. A votre santé !

Patrick NAPPEZ (Midi Libre 31 juillet 2010)

2/ Languedoc-Roussillon La dégringolade du revenu des viticulteurs (Midi Libre)

– 47 %. De 2008 à 2009, le revenu des agriculteurs du Languedoc-Roussillon a enregistré une baisse d’une grande ampleur selon les chiffres de publiés par le ministère.

Sur cette période, le « revenu moyen courant avant impôt par actif non salarié » est ainsi passé de 12 200 € à 6 500 €. Cette baisse est encore plus accentuée dans les exploitations viticoles. En viticulture d’appellation, la dégradation a été de 66,5 % d’une année sur l’autre tandis que les autres exploitations « autres vins » enregistraient, en 2009, un revenu moyen négatif. Ces évolutions s’inscrivent dans une tendance à la baisse depuis plus de 10 ans et ce malgré une amélioration très nette de la qualité des produits.

1. Tous touchés mais pas de la même façon

Conflit du lait, manifestations des céréaliers, colère des vignerons : 2009 a été une annus horribilis pour l’ensemble du monde agricole. En cause : l’effondrement des cours. Visée : la grande distribution et ses marges arrières. Mais dans le Midi, c’est la viticulture qui tire clairement les revenus vers le bas et depuis plusieurs années. Quand, en Lozère, la baisse de 2008 à 2009, n’est « que » de 13 %, elle dépasse 61 % dans l’Hérault, et 56 % dans l’Aude. Dans le Gard et les P-O, où la spécialisation est moindre, la dégradation atteint tout de même 52,5 % pour l’un et 40,9 % pour l’autre en raison d’une mauvaise passe dans l’arboriculture.

2. Les vignerons dans un cercle vicieux

La crise appelle la crise. Si les revenus des exploitations viticoles se sont tant dégradés, c’est que les cours n’ont cessé de baisser avec la réduction de la consommation intérieure. Depuis 2003, la viticulture est en crise dans la région. C’est d’ailleurs l’année suivante qu’aux campagnes de distillation successives s’est ajouté un dispositif d’aide à l’arrachage. Bon nombre de viticulteurs ont cru trouver dans cette prime d’abandon les moyens de reconstituer leur trésorerie. De 2004 à 2010, près de 42 000 hectares de vignoble ont ainsi disparu en Languedoc-Roussillon. Ces arrachages, ajoutés à une très faible récolte en 2008 (12,9 millions d’hectolitres), ont en fait plombé sévèrement les revenus.

3. Une lueur d’espoir mais bien faible

Signe que la situation est très dégradée : les vignerons ont beaucoup postulé au RSA. L’Hérault est même le premier département de France pour le nombre d’exploitants bénéficiaires du revenu de solidarité active (451). Néanmoins, depuis quelques mois, les marchés évoluent favorablement. Les cours des vins d’appellation se sont redressés de 9 % et ceux des autres vins de 4 %. Cette tendance devrait se poursuivre avec la diminution très nette des stocks à la propriété. Ces évolutions ne devraient cependant avoir qu’un impact limité sur les revenus de 2010, la récolte ayant atteint un plus bas historique l’an passé.

J.-P. LACAN et E. BROUZE (Midi Libre 23 juillet 2010)

Narbonne L’attentat signé Cav coûtera 100 000 € (Midi Libre)

C’est l’heure des comptes après l’action revendiquée par le Cav à notre rédaction, mercredi soir. 70 vitres du rez-de-chaussée du bâtiment de la Mutualité sociale agricole (MSA), situé zone de Bonne-Source à Narbonne (Aude), ont volé en éclats. Sans doute démolies à coups de masse.

La climatisation a également été endommagée. C’est ce qui explique le montant élevé des dégâts : 100 000 €. Un seul sigle « Cav », Comité d’action viticole, a été tracé à la bombe noire. L’antenne perpignanaise du SRPJ a été saisie.

Selon une source proche du dossier, les motifs de cet attentat pourraient être liés à une demande des vignerons, connaissant une grave crise, que cessent tous contrôles. Mais ils se seraient poursuivis, notamment à l’initiative de certains services de l’État. Ce qui aurait provoqué cet attentat. (Midi Libre, 23 juillet 2010)

Narbonne. La MSA : cible d’un commando du CAV (La Dépêche)

Les locaux de la Mutualité sociale agricole, zone artisanale et commerciale Bonne Source, ont été la cible d’un commando du CAV (Comité action viticole) dans la nuit de mercredi à jeudi, un peu avant minuit. Entre 70 000 et 100 000 € de dégâts sont déplorés par la direction de la MSA suite à la destruction des baies vitrées situées au rez-de-chaussée du bâtiment, de la porte d’entrée et de la boîte à lettres. Une plainte a été déposée au commissariat de police de Narbonne qui a effectué les premières constatations avant de confier l’enquête au SRPJ de Perpignan.

Si un caillou de taille respectable, lancé à travers une vitre, a été retrouvé, c’est probablement à l’aide d’une ou plusieurs masses que les assaillant ont attaqué les fenêtres. En dehors de la signature « CAV » taggée sur un mur, aucune revendication n’a été exprimée. C’est donc l’incompréhension qui primait, hier, à l’ouverture des locaux. « Nous sommes conscients des problèmes des agriculteurs et des viticulteurs, toutes les productions sont touchées par la crise. La MSA a mis en place des plans d’accompagnement et de prise en charge des situations délicates, mais nous ne pouvons pas tout résoudre », a déclaré Paul Schurdevin, directeur de la MSA Grand Sud qui couvre l’Aude et des Pyrénées-Orientales. Sans être complètement affirmative, la direction de la MSA soupçonne les contrôles sur le travail clandestin, menés conjointement avec les douanes et la gendarmerie dans les exploitations, d’avoir provoqué ces violences. « C’est difficile à supporter alors que nous menons en interne à l’entreprise une politique de restriction budgétaire. 100 000 € viennent d’être jetés par les fenêtres », commentait Paul Schurdevin.

De son côté Philippe Vergnes, syndicat des vignerons du Midi, se borne à répéter : « Les gens sont ruinés, exaspérés. On en arrive à des débordements de ce genre ».

«La MSA continue de remplir sa mission de service public»

Responsable des Moyens généraux de la Mutuelle sociale agricole, fédération des caisses de MSA du Grand Sud, Jean-François Fauveau était hier matin à Narbonne où il pouvait constater les « dégradations des locaux et actes de vandalisme, vitres brisées et Tag du Comité d’action viticole sur le bâtiment ». Malgré cette action « la MSA continue de remplir sa mission de service public » précisait-il hier matin en ajoutant qu’il était probable que le « propriétaire du bâtiment allait porter plainte ».

Rappelons que la MSA avait déjà été victime d’actes similaires également signés « CAV » en mai 2008. Les actes signés par le CAV ou le CRAV s’ils ont parfois eu pour conséquence des dégradations importantes n’ont cependant pas entraîné de dommages pour les personnes. (La Dépêche, 23 juillet 2010)

Nimes. LES JEUNES AGRICULTEURS DU GARD EN COLÈRE (Midi Libre)

Hier, dès 8 h 30 , les JA (Jeunes agriculteurs) du Gard ont mené une opération coup de poing au péage autoroutier de Gallargues, dans le but de « contrôler les camions citernes venant d’Italie et d’Espagne afin de vérifier qu’il ne s’agit pas de « franciser » du vin importé » , explique Gilles Simyere, secrétaire général des JA du Gard. « Nous voulons donner un avertissement au négoce. Le consommateur ne comprend pas qu’une bouteille parte à 3 € du caveau et soit en magasin à 10 € ! Pour arriver à sortir un petit revenu, il faut réaliser un chiffre d’affaires de 3 500 € à l’hectare, alors que 80 % des exploitations se situent entre 2 500 € et 3 000 €… Le négoce ne joue pas le jeu. À la rentrée, nous comptons sur une rencontre entre la profession, le négoce et la grande distribution pour fixer des règles claires, nettes et précises. » Après avoir fait choux blanc, pour trouver du vin en citerne, les JA sont allés à Saint-Jean-de-Védas, où ils ont réalisé une opération péage gratuit. (Midi Libre, 23 juillet 2010)

Régionales 2010, A Gauche Maintenant! et la viticulture

Ce secteur d’activité agricole, comme les autres, est majoritairement en mauvaise passe économique, la compétition internationale lui est très défavorable.

L’arrachage encouragé par l’Europe est lacunaire sur plusieurs pans; il n’apporte pas de nouvelles perspectives aux viticulteurs en termes de maintien de la filière, et de solutions de reconversion. La vigne étant une espèce peu gourmande en eaux superficielles et en terres fertiles, nous privilégierons son maintien et son extension sur des terres de ce type avec un accompagnement en termes foncier, financier, de communication et technique pour l’amélioration de leur cépage et de leur vinification pour les viticulteurs adhérant à ces principes.

Les viticulteurs en mauvaise passe économique exploitant des terres arables ou à profil pédologique propice à d’autres secteurs d’activité tels que le maraîchage, l’arboriculture, la culture céréalière et l’élevage, seront soutenus pour leur reconversion sous forme de subventions, de formation et de débouchés commerciaux. La création d’emplois sur leurs exploitations sera encouragée par des crédits d’impôts fonciers.

Tiré de Notre programme pour l’agriculture et la pêche !(AGM!) :

http://www.agauchemaintenant.fr/Notre-programme-pour-l-agriculture

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Document annexe : Débats et Combats d’aujourd’hui pour la viticulture de demain… (Confédération Paysanne)

http://conflr.org/IMG/pdf/Actes_Gruissan_VF_BR.pdf

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