Montpellier : le NPA ne s’inscrit pas dans le « programme partagé » proposé par le Front de Gauche

Mardi 9 novembre, le Front de Gauche organisait à Montpellier une réunion de lancement autour du « programme partagé ». Le NPA est intervenu pour exprimer sa volonté de rassemblement de la gauche radicale, mais en indépendance vis-à-vis du PS.

Comme pour le positionnement de chacun dans le mouvement des retraites, les réponses politiques de la gauche anticapitaliste et antilibérale doivent être au rendez-vous de la clarté !

La réunion proposée par le Front de Gauche (PG, PCF, GU) a réuni mardi 9 novembre environ 70 personnes. Boris Chenaud y est intervenu pour présenter le point de vue du NPA

Le « programme partagé » est une proposition qui a été faite nationalement par le FDG lors de la dernière fête de l’Humanité en vue de préparer un programme de gauche, en rupture avec le libéralisme, pour les échéances électorales de 2012.
La démarche vise à la fois à engager le débat au sein du FDG et entre le FDG, les « citoyens » le mouvement social, et les autres organisations de gauche depuis le NPA jusqu’au PS.
C’est sur ce dernier point, cette absence de délimitation politique entre la gauche sociale-libérale d’une part, la gauche anti-libérale et anticapitaliste d’autre part, que se porte le désaccord.
En Languedoc-Roussillon, lors des dernières régionales, un accord avait été réalisé entre le NPA, le FDG et plusieurs autres organisations ( FASE, Alternatifs, Objecteurs de croissance, MPEP).
La liste « A gauche maintenant » avait réalisé un score honorable de 8,7%, mais, de même qu’Europe Ecologie, elle n’avait pas réussi à fanchir la barre des 10% nécessaire pour se maintenir au second tour. Une liste PS opposée à Frèche s’est présentée au dernier moment. Avec 7% des voix, elle avait contribué à une dispersion des voix à gauche de Frèche.
Le NPA tire malgré cela un bilan très positif de cette campagne tant sur son contenu programmatique que sur sa dynamique (très nombreuses et massives réunions publiques). Cet accord a été possible car il fut clair que le rassemblement à construire serait indépendant de la gauche qui accompagne les politiques libérales (PS mais aussi de plus en plus EE).
La démarche engagée par le FDG avec le « programme partagé » ne se situe pas dans une telle logique.

Le FDG avait prévu une réunion animée par ses représentants où étaient invités à intervenir les représentants des autres organisations de gauche : NPA, PS… Cela, en vue d’élaborer un programme de transformation sociale.

Le NPA 34 a exprimé par courrier ainsi que par la voix de son représentant à la réunion sa position et ses propositions :

Extraits du courrier du NPA 34 au FDG :

Le NPA ne pense pas qu’il soit utile de discuter avec le PS de ce que serait « un programme politique de transformation sociale à l’inverse des
politiques libérales et réactionnaires » comme le propose le FDG.

En effet, le programme politique du PS, le fait que les députés PS aient voté l’allongement des annuités lors du débat au parlement ou encore les politiques menées par les gouvernements socialistes en Europe (Grèce, Espagne…) montrent que ce parti ne s’inscrit pas dans une volonté « de transformation sociale à l’inverse des politiques libérales ».
Penser que l’on peut convertir le PS à l’anti-libéralisme nous semble illusoire.
Peut-on penser qu’un progamme est « partageable » entre anticapitalistes et antilibéraux d’une part, sociaux-libéraux d’autre part ?
Peut-on ou non envisager de voir cohabiter dans la rédaction d’un programme, ceux qui soutiennent les plans d’austérité en Europe (vote du plan « d’aide » à la Grèce ? déclarations de DSK…) et ceux qui les combattent ?
Quel sens a donc un tel débat ?

Il y a par contre, pour le NPA, urgence à rassembler et construire une gauche radicale, résolue à combattre le gouvernement mais aussi indépendante du PS.
C’est la démarche que nous avions engagé ensemble dans le cadre de la liste « A Gauche Maintenant ».
Nous nous étonnons d’ailleurs que le FDG choisisse, ce coup-ci, une autre voie alors que dans le cadre d’AGM, nous avions tous annoncé notre intention de poursuivre ensemble débats, élaborations et actions.

Nous ne pouvons nous inscrire en positif dans le cadre de débat tel que vous le proposez.
Nous sommes en revanche favorables à tous les débats qui associeraient les partis de la gauche anti-libérale et anticapitaliste, les acteurs des mouvements sociaux … »

Il ne s’agît pas pour le NPA de refuser tout débat avec le PS. Nous sommes favorables à l’action unitaire de toute la gauche pour combattre la droite et la politique du gouvernement. Nous sommes donc preneurs de débats entre toutes les formations de gauche sur les moyens de s’opposer à la droite.
Par contre, vouloir élaborer un programme politique avec le PS, même en en discutant vivement le contenu, ne peut que conduire à la confusion, aux désillusions.
Vu la politique, le projet, le bilan du PS, imaginer un programme qui pourrait être « partageable » avec lui, ne peut que conduire au renoncement la gauche anti-libérale et anticapitaliste.

Les luttes de cet automne montrent qu’une autre voie est possible. L’alternative à construire ne se résume pas aux échéances institutionnelles. L’aspiration à la rupture avec un système capitaliste de plus en plus destructeur reste forte.
Ouvrons le débat à partir des exigences portées dans le mouvement social et des possibilités de celui-ci.

David Hermet

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Faut-il séparer le social et le politique ? (NPA)

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Ensemble 34
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