Université Paul Valéry (Montpellier) : un coup de gueule de la présidente pour mieux réintégrer le pôle d’excellence gouvernemental !

3 décembre : Anne Fraïsse signera l’Idex si Montpellier 1 et 2 s’entendent (L’Hérault du Jour). Après son coup de force (voir ci-dessous), la présidente de l’université Paul Valéry réintègre la logique de la réforme ministérielle de création de pôles universitaires d’excellence instituant des universités à deux vitesses !

30 novembre : Pourquoi l’Université Montpellier III a claqué la porte (La Gazette de Montpellier). La présidente de l’Université Paul Valéry : « À quoi tout ça va servir à mon université ? Pour l’instant, la réponse est : rien. » « Autant nous demander de nous saborder. » […] « On est vraiment dans une logique d’université à deux vitesses. » (La Gazette de Montpellier)

(Dans L’Hérault du jour, article et dossier de presse ci-dessous)


3 décembre : Anne Fraïsse signera l’Idex si Montpellier 1 et 2 s’entendent

La présidente de P. Valéry a obtenu les garanties qu’elle cherchait. La pression change de camp dans l’optique ce matin d’une réunion au ministère.

Rien n’est fait mais si Montpellier finissait par être reçue au projet d’initiative d’excellence (Idex), la communauté universitaire de Paul Valéry devrait une fière chandelle à sa présidente. Anne Fraïsse avait déjà réussi un coup de bluff magistral il y a deux ans au moment du Plan Campus. Elle pourrait bien avoir gagné le même pari audacieux dans la course au Grand emprunt. En claquant la porte des négociations le 17 novembre dernier, la présidente de Montpellier 3 a réussi un tour de force : modifier le rapport de forces très défavorable à son université. « J’ai obtenu des garanties » savoure Anne Fraïsse. Au point qu’elle se dit désormais prête à signer le projet Idex si Montpellier 1 et 2 arrivent à tomber d’accord. « La porte n’a jamais été définitivement fermée ».

Quelques jours après son coup de gueule, la présidente de l’université des lettres avait fixé trois conditions strictes à son retour dans les négociations. D’abord un « affichage clair » des sciences humaines et sociales (SHS) ignorées dans le projet Idex. « La réponse a été positive. Un axe a été créé qui met en évidence les SHS », révèle Anne Fraïsse. Elle refusait ensuite, eu égard au petit budget de Montpellier 3, de participer financièrement à certaines opérations, à l’image des 250 000 euros réclamés pour un projet hospitalier. Là encore les choses seraient en bonne voie. « A partir du moment où notre participation est minime dans les projets qui ne concernent pas Paul Valéry, je peux donner de l’argent sur les autres ».

Reste l’épineuse troisième condition qui laisse un gros doute quant aux chances de succès de Montpellier. Que Montpellier 1 et 2 se mettent enfin d’accord sur le mode de gouvernance. « Je ne signerai pas sur de vagues principes. On ne me fera pas faire n’importe quoi au nom de l’Idex », conditionne Anne Fraïsse.

Le tour de force politique de la présidente Anne Fraïsse

Après avoir casé son coup de gueule politique, la présidente réalise une véritable prouesse. Tandis qu’elle a endossé le rôle du vilain petit canard aux yeux de la majeure partie des communautés universitaire et politique, elle met au pied du mur les meilleures ennemies : les universités de droit et de sciences. « Cela ne dépend plus de moi. Ma participation à l’Idex dépend de l’entente de Montpellier 1 et 2 » se dédouane Fraïsse qui reste prudente alors que tout ce beau monde doit être reçu ce matin au ministère par Valérie Pécresse. La rencontre de la dernière chance ? « N’imaginez pas qu’il va sortir quoi que ce soit de cette réunion. Ce n’est pas de là que viendra le déblocage de la situation », prévient A. Fraïsse.

Dominique Deville de Périère qui a toujours cru que tout n’était pas perdu – « J’ai toujours su qu’Anne Fraïsse est intelligente » – dédramatise elle aussi ce rendez-vous au sommet. « Le ministère s’intéresse énormément au site de Montpellier. Valérie Pécresse va chercher à apaiser les agitations locales » anticipe la présidente du Pôle de recherche et d’enseignement supérieur (Pres*).

Pour autant, elle estime que l’impasse ne pourra trouver d’issue que dans les rues de Montpellier. « C’est à nous de trouver le consensus nécessaire ». D. Deville de Périère « garde [son] optimisme » mais ne crie pas victoire. « C’est encore jouable mais il faut aller vite ». Une façon de dire qu’elle n’envisage pas l’échec. Et de mettre à son tour la pression. « Je ne peux imaginer qu’un quelconque décideur se tire une balle dans le pied. On a les atouts pour réussir. Ce serait irresponsable ».

La date butoir de dépôt du dossier Idex a beau avoir été reportée du 17 décembre au 4 janvier, ce 3 décembre pourrait être un tournant pour Montpellier quoi que veuillent bien en dire A. Fraïsse et D. Deville de Périère. Même s’il est peu probable que tous les ego soient ce soir rangés au placard. Et plus encore qu’une solution miracle sorte du chapeau de Valérie Pécresse.

REMY COUGNENC (L’Hérault du Jour)

* Structure provisoire de l’université unique.

30 novembre : Grand emprunt – Pourquoi l’université Montpellier III a claqué la porte (La Gazette de Montpellier)

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(L’Hérault du Jour)

Montpellier Pôle d’excellence : le monde universitaire se divise (Montpellier)

Sur notre blog : Universités. Projet gouvernemental d’Initiative d’Excellence Montpellier 3 claque la porte. La réaction des syndicats de la FSU

Trois articles importants parus sur Mediapart concernant la situation dans les universités :

Université : les ratés de l’autonomie (1) – Jade Lindgaard, Mediapart, 3 novembre 2010

Université : les drôles effets de la course à l’excellence – Jade Lindgaard, Mediapart, 4 novembre 2010

Université : dans le maquis des réformes – Jade Lindgaard, Mediapart, 6 novembre 2010

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