Création de « Gauche Anticapitaliste, courant unitaire pour l’éco-socialisme »

A l’initiative de la position B, apparue lors de la conférence nationale du NPA sur les présidentielles en Juin, minoritaire nationalement mais majoritaire dans l’Hérault, un courant s’est constitué lors d’une rencontre nationale ce week-end. Explications et premières informations ci-dessous



Au  mois de juin, une conférence nationale du NPA avait été
organisée pour décider de la position du NPA sur les présidentielles, dans un
contexte difficile marqué par le retrait d’Olivier Besancenot.

Deux positions principales
étaient proposées.

La A proposait de rompre les
discussions avec le reste de la gauche radicale estimant que tout était joué
pour les présidentielles. Elle proposait la candidature de Philippe Poutou,
ouvrier dans l’automobile à Bordeaux.  

La B proposait de poursuivre le
débat avec les autres formations à gauche du PS, tout en lançant une candidature
du NPA choisie parmi les deux porte-paroles du parti, candidature qui aurait donc pu
être celle de Myriam Martin, de Toulouse, tête de liste dans notre
circonscription aux européennes.

En lien avec ce débat assez
tactique, avait lieu en réalité une discussion d’une autre ampleur sur le
profil et l’orientation du NPA, touchant aussi au bilan après deux ans
d’existence. Ce débat se poursuit aujourd‘hui autour de nouvelles questions. Comment
mettre en œuvre un mouvement unitaire contre le paiement de la dette
publique ? Faut il ou non, peut-on ou non,  proposer de construire un large front de défense
des travailleurs et des populations contre la crise et les politiques
d’austérité ?  

A l’échelle nationale, en juin, la
position A est arrivée en tête avec un peu plus de 50% des voix, la position B
obtenant 40% des voix. Dans le Languedoc-Roussillon, à l’exception des Pyrénées
Orientales, c’est au contraire la position B qui réalisait un score entre 60 et
70%.

Ce week-end, a eu  lieu à l’initiative des militant-e-s de
la position B, une rencontre nationale préparée par des réunions
départementales.  Plusieurs ont eu
lieu à Montpellier et Béziers.

La rencontre nationale a débouché
sur la création d’un courant qui a décidé de s’exprimer publiquement et d’associer
des camarades ayant quitté ces derniers mois le NPA tout en restant attaché à
ses principes fondateurs.

Ce courant s’est doté d’un nom,
d’une déclaration, d’un texte d’orientation et d’un mode de fonctionnement.

DH


Ci-dessous, la dépêche AFP et la
déclaration du courant, adoptée à l’unanimité des présents.



 

 PARIS, 7 nov 2011
(AFP) – 
Au NPA, le courant « Gauche anticapitaliste » veut préparer l’après 2012

Le courant « Gauche anticapitaliste », créé ce week-end au sein
du NPA, se donne pour mission de préparer l’après-2012 avec le reste de la
gauche radicale, espérant faire évoluer la ligne d' »isolement » défendue
selon eux dans le parti par Philippe Poutou et Olivier Besancenot.

 « Plus de 300 »
délégués « unitaires » du NPA étaient réunis samedi et dimanche à
Saint-Denis pour une réunion de création du courant où se sont rendus toutes les
autres forces de gauche radicale, à l’exception du PCF : Parti de gauche, La Fédération,
Alternatifs, Gauche unitaire ou Convergences et alternative (ex-NPA).

 « Ce n’est pas un contre-parti ni une nouvelle organisation », a expliqué lundi lors
d’un point-presse Ingrid Hayes, du comité exécutif du NPA, membre de ce
« courant unitaire pour l’écosocialisme ». Guillaume Floris, également
de la minorité (40,1% au congrès du NPA), a aussi réfuté toute « idée de scission »,
souhaitant « convaincre » la
majorité de la nécessité de changer d’orientation. « Gauche
anticapitaliste » veut oeuvrer à la constitution d’un « bloc anticrise » contre les
politiques d’austérité et « préparer
l’après-2012 en cas de victoire de François Hollande
 » et des politiques
social-libérales, selon Mme Hayes.

 « Regrouper les forces anticapitalistes après
2012, ça commence maintenant
« , on ne peut « pas se cantonner au
terrain de la propagande » comme le fait la majorité du NPA qui a
« choisi l’isolement », a-t-elle dit.

Comme on leur demandait
pourquoi ne pas rejoindre dès maintenant le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon,
Mme Hayes a répondu qu’au NPA, l’indépendance vis-à-vis du PS « n’est pas de la coquetterie »
et que cette question « n’est pas aujourd’hui réglée » au FG.

  Interrogé sur leur
soutien à Philippe Poutou pour la présidentielle, elle a répondu que le courant
« n’a pas d’autre candidat »,
indiquant toutefois que des militants « unitaires » feraient campagne,
d’autres pas. M. Floris a dit aussi souhaiter une « orientation
unitaire » pour les législatives, toutefois « lucide » sur « la possibilité réduite d’aboutir ».

 « Gauche
anticapitaliste » espère également faire revenir « tous ceux » qui
ont quitté le NPA, ont-ils dit, relevant que les effectifs, montés « jusqu’à
11.000 » militants, sont désormais tombés « vraisemblablement
en-dessous des  4.000 adhérents ».





Déclaration de la Gauche anticapitaliste Courant unitaire pour l’écosocialisme


Adoptée à l’unanimité des délégué-es réuni-es, à l’initiative du courant B du NPA, les 5 et 6 novembre 2011 à la bourse du travail de Saint Denis (93)

Rassembler contre les crises, pour l’alternative écosocialiste


Le capitalisme connaît une série de crises qui se nourrissent les unes les autres : crise économique et financière, crise sociale, crise climatique, crise alimentaire. La crise de la dette accélère la paupérisation des peuples au Sud et aussi au Nord ainsi que la destruction des droits sociaux et démocratiques.

Le début de l’année 2011 aura vu des révolutions, au Maghreb et au Machrek, faire chuter plusieurs dictatures vieilles de 30 ans. Mais, même si elles font plier les gouvernements, elles souffrent d’une absence d’alternative politique véritablement de gauche. Par ailleurs, sans préjuger de leur issue, des mouvements d’un type nouveau, « les indignés », se lèvent dans des dizaines de pays en contestation globale du capitalisme.

D’Athènes à New-York, de Madrid à Santiago, des mobilisations sociales massives, inédites, se multiplient. Elles sont la manifestation du profond discrédit des politiques libérales et des alternances sans changement. Les inégalités, la marchandisation généralisée, la destruction des écosystèmes par des activités économiques, le productivisme et le consumérisme sont remis en cause. La recherche de la satisfaction des intérêts privés au détriment des biens et des services communs, l’utilisation systématique de la violence par les grandes puissances, la négation des droits élémentaires des peuples, à commencer par celui des Palestiniens, sont rejetés.

Les rapports de domination et les oppressions se traduisent notamment par des violences physiques et morales envers les femmes, les gays, les lesbiennes, les trans. Le racisme est utilisé par les classes dominantes pour diviser les opprimé-es et les exploité-es à l’heure d’un approfondissement des crises. Ils doivent être combattus.

En Europe, les choix économiques des partis sociaux-démocrates ne se différencient plus de ceux des gouvernements de droite. Au nom du remboursement de la dette publique, en Grèce ou en Espagne, ce sont des partis socialistes qui mettent en œuvre des plans d’austérité d’une violence inouïe. Les partis de droite n’hésitent plus à s’allier avec la droite extrême qui progresse dans de nombreux pays.

En France, après l’échec du mouvement contre la casse des retraites, le rejet de Sarkozy profite au Parti Socialiste qui pourtant ne propose pas de rupture avec la politique économique de la droite. Il se soumet aux diktats des marchés financiers et au paiement de la dette illégitime.

Le Front national représente plus que jamais une menace. S’affichant toujours comme « antisystème », il se pare aujourd’hui d’un discours « social », et il entend bénéficier d’un climat où se combinent affaires politico-financières et angoisses face aux effets de la mondialisation et de la crise…

La situation nécessite l’unité dans les luttes mais aussi sur le terrain politique. Aujourd’hui l’orientation menée par l’actuelle majorité du NPA tourne le dos à toute bataille pour rassembler les différentescomposantes politiques et équipes militantes du mouvement social qui, à gauche, contestent le social- libéralisme.

Comme il est dit dans les principes fondateurs du NPA, nous voulons participer à la construction d’une gauche anticapitaliste large et pluraliste, écologiste, féministe, antiraciste et internationaliste, une gauche anticapitaliste capable de faire « vivre le meilleur de l’héritage des traditions socialistes, communistes, libertaires, révolutionnaires » et rassembler celles et ceux qui, nombreux « dans et autour des partis de la gauche institutionnelle, n’ont pas renoncé à changer radicalement la société ».

Dans l’immédiat :

Nous nous battons pour que se regroupe un bloc défendant une solution radicale contre la crise, les politiques d’austérité menées par la droite ou par la gauche libérale. Il faut que s’unifient dans un tel regroupement les forces de l’indignation, celles de la contestation sociale et écologique, celles du mouvement syndical et associatif, les mouvements politiques anticapitalistes, antilibéraux ou écologistes radicaux, comme les composantes du Front de gauche, les Alternatifs, les objecteurs de croissance, la FASE… C’est vital pour disposer du meilleur rapport de force face à l’extrême droite, face à la droite mais aussi face au social-libéralisme.

Nous voulons battre la droite dans la rue et dans les urnes. Dans le cas de la mise en place d’un gouvernement social libéral tel que le gouvernement Hollande, le bloc anticrise prendra la forme d’un bloc rassemblant les forces sociales et politiques d’opposition de gauche.

Ce rassemblement doit se faire autour d’un programme de mesures d’urgence qui réponde aux aspirations du plus grand nombre, en lien avec les revendications portées par le mouvement social. Des mesures qui engagent une rupture avec le capitalisme et avec le productivisme, permettant de planifier la transition énergétique pour sortir du nucléaire et des énergies fossiles, la rupture avec les institutions antidémocratiques de la Vème République et le Traité de Lisbonne afin que les peuples de toute l’Europe prennent en main leur avenir pour construire l’Europe sociale et écologique.

Ce rassemblement doit agir pour une mobilisation massive des salarié-es, des jeunes, des chômeurs, des précaires, des habitant-es des quartiers populaires, des retraité-es, mobilisation indispensable dans les villes et les campagnes pour imposer ces mesures d’urgence.

Ce rassemblement doit se baser sur des objectifs communs pour les campagnes et les mobilisations, en particulier contre le paiement de la dette publique illégitime.

Ce rassemblement doit être en capacité d’apparaître sur le terrain électoral, notamment pour les législatives, de porter une alternative politique crédible refusant la participation à un gouvernement et à une majorité parlementaire PS.

Nous en appelons aux militantes et aux militants du NPA pour œuvrer à une réorientation du NPA sur ces bases.

Militant-es du NPA ou l’ayant quitté, cette politique, nous la proposons à tous les anticapitalistes.

C’est à cette perspective que notre courant public œuvrera, dans le débat et dans l’action avec les forces à la gauche du parti socialiste et les acteurs, les actrices du mouvement social.

Saint-Denis, le 6 novembre 2011.

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