Haut Cantons. Sept questions à propos de la destruction progammée du lac de l’Airette



Un modeste barrage, construit en 1959 dans le massif de l’Espinouse-Caroux, doit être détruit cet été.
L’association ATTAC hauts-cantons demande aux
autorités un moratoire repoussant la destruction du barrage à la fin de l’été
2014 — ouvrage remarquable de l’école Le Corbusier, et d’une utilité maximale
pour la ressource en eau.




Comme saisis par l’urgence, les bulldozers
s’annoncent pour fin août, selon l’appel d’offres du 17 mars publié dans Midi Libre.
L’association attac demande aux autorités un moratoire repoussant la
destruction du barrage à la fin de l’été 2014 — ouvrage remarquable de l’école
Le Corbusier, et d’une utilité maximale pour la ressource en eau.

 localisationlacairette.png

 

Du danger que représente ce barrage

lacairette.pngC’est un barrage voûte en béton non armé, construit en 1959 selon un
principe identique à celui de Malpasset, dans le Var, dont la rupture a
provoqué la même année une catastrophe causant 400 morts. L’effondrement de
Malpasset a justifié une étude très approfondie de l’ancrage dans la roche du
barrage de l’Airette, lequel est du coup particulièrement soigné, à l’unanimité
des experts.

Les proportions de l’un à l’autre sont sans commune mesure : le Malpasset
se comptait en dizaines de millions de mètres cubes, et sa rupture a provoqué
une vague de vingt mètres de haut, tandis que l’Airette retient 250 mille
mètres cubes, et sa rupture provoquerait une vague de… vingt centimètres.

Faute d’entretien, la vanne s’est révélée impossible à fermer, et l’eau
n’appuyant plus sur le barrage voûte celui-ci se fragilise. Une manipulation
hasardeuse en 2009 empêche la fonction d’écréteur de crue, mais cette panne est
mineure et facile à réparer, ainsi que le signale le maire de Saint-Martin de
l’Arçon en février 2010.

L’argument de l’ancrage dangereux du barrage de
l’Airette est donc parfaitement spécieux.

 

De l’obsolescence du réservoir d’eau potable

localisationairette2.pngÀ une époque comme aujourd’hui où l’eau devient une ressource de plus en
plus rare et précieuse, l’avenir du lac de l’Airette est à préserver
absolument.

Quand le Jaur se comportera comme un oued — ce qui serait déjà le cas sans
les lâchers du Laouzas — les générations futures seront ravies de disposer de
cette ressource.

Le barrage voûte ne se colmate pas aussi vite que le barrage collinaire
classique, et on le préfère actuellement parce que plus faciles à purger.

L’eau du captage de Boissezon près de Vieussan, effroyablement calcaire,
est impropre à l’agriculture comme à la boisson et à l’utilisation domestique —
sans parler de son prix, qui a bondi de 25 %. La bonne eau de montagne du
Chavardès est assez pure pour nécessiter une resalinisation selon les critères
de la DDASS. La petite usine de Bardou est une usine de correction, non
d’assainissement.

 

Un lac écologiquement salutaire

Dans le contexte actuel de dérèglement climatique où les épisodes cévenols
se multiplient et gagnent en violence, la fonction d’écréteur de crue, avec une
turbine au fil du courant, rend l’Airette particulièrement précieux. La proximité
de l’usine de Montahut évite les pertes par effet joule et diminue ainsi les
frais de raccordement au réseau. Ce barrage est idéal pour la transition vers
l’énergie renouvelable.

 

De la préférence de l’eau potable de surface à
celle d’un forage

Il n’y a aucune directive européenne à respecter en matière d’eau de
surface — contrairement à ce que racontent les services techniques du Conseil
général.

En outre, la qualité spécifique de la bonne eau de montagne du Chavardès
est largement supérieure à celle des cours d’eau de plaine.

Prémian et Maurouls disposent aussi de petits lacs pour leur alimentation,
mais la dimension de celui de l’Airette évite les inconvénients de la turbidité
en période de crue. L’eau du captage de Boissezon est catastrophique pour une
utilisation en viticulture — trop calcaire et hors de prix.

 

Des chiffres en défense de l’Airette

  • 250 mille mètres cubes
    de consommation à Mons la Trivalle et Saint-Julien.
  • 800 mille euros de coût
    de réparation de la vanne, à mettre en balance avec le million 200 mille à
    dépenser pour la destruction du barrage. De plus, des entreprises locales
    peuvent parfaitement réparer cette vanne.
  • 8 exploitations
    agricoles pourront bénéficier d’une telle capacité d’irrigation, relayée
    par quatre lacs collinaires (vergers, maraîchage, plantes médicinales,
    jardins potagers, petits élevages). Le syndicat de distribution
    fonctionnerait comme le Bas-Rhône, avec capteurs indépendants de celui de
    la consommation domestique.
  • 25 % d’économie sur le
    prix du mètre cube, à Mons et Saint-Julien : pas de frais de prévention de
    carbonatation, pas d’enrichissement des actionnaires du privé (Veolia,
    Suez-Lyonnaise, la Saur…)

 

Qui veut noyer son chien l’accuse de la rage

Depuis quarante ans proconsul du canton d’Olargues, Jean Arcas n’a jamais
organisé de façon cohérente le syndicat intercommunal des eaux. Il le confie
donc au privé. 

Mais le privé veut un marché captif, et non pas la concurrence
du patrimoine citoyen de ce — pas si vieux — barrage de l’Airette aussi
judicieusement pensé par un édile à l’ancienne, Michel Roger, maire de Mons en
1959.

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