IKEA Montpellier Odysséum LE RAS LE BOL DES SALARIES



Prix bas et les effectifs aussi

 C’est samedi 17 septembre 2011 que les salariés d’IKEA ont
choisi pour exprimer leur ras le bol des sous effectifs. Pour la direction
c’est un «  peak day » (un des 10 jours de l’année où grimpe en
flèche le chiffre d’affaire, jour de rentrée, on meuble les étudiants….)



Ils sont une trentaine devant le magasin mobilisés par
roulement. Déjà, à 4H du matin, la logistique (ceux qui vident les camions et
chargent le magasin) était dans l’action.

Faut dire que les effectifs n’ont cessé de diminuer depuis
2008 (370 environ) pour 330 aujourd’hui. On sait que ce qui ne baisse pas chez
IKEA Montpellier, c’est le chiffre d’affaire : Autour de 100 millions
€ !!

« Beaucoup de CDI sont remplacés par des CDD, les horaires
sont modulables, c’est-à-dire que certaines périodes les semaines peuvent être
de 41H pendant 8 à 10 semaines d’affilée avec un week-end par mois,
généreusement octroyé par une direction paternaliste et pas d’heures supplémentaires
payées. Lorsque l’horaire est plus bas, il est étalé
sur 5 jours. On donne, on ampute notre vie privée et pour eux, on doit être
malléables et corvéables à merci. Notre jour de repos n’est jamais le même,
bref, tout cela nous pourrit la vie. Et les horaires ne sont pas fixes non
plus, tel jour, on peut finir à 22H30 etc.… Pas de possibilité de faire des
plannings pour prendre des rendez-vous. »     
Une direction qui exerce des pressions
tellement fortes que les gens craquent et démissionnent nous dit Roger Pouilly
délégué CGT.

IKEA, la belle entreprise de la pub et des
medias.

 La réalité est
très différente s’accordent à dire les deux délégués syndicaux (Roger Pouilly
CGT et Serge Fernandez FO). Tous deux se marrent en pensant à une émission télé
où IKEA a donné pour 1200€ de meubles à une famille démunie. IKEA, entreprise
gentille, familiale, on respecte le client et les salariés qui sont au centre
de nos préoccupations…. Ben voyons. Ils ne sont pas dupes.

« Depuis janvier, on demande que les CDD se transforment en
CDI. On a perdu environ  10%
d’effectif en un an. Aucune embauche n’est prévue avec un chiffre d’affaire que
la direction prévoit à la hausse et au national, IKEA prévoit d’augmenter la
productivité horaire de 20% ! »

Serge Fernandez FO déplore aussi les conditions de travail détestables  de cet été qui ont empiété sur la
sécurité par exemple : « des bornes d’incendies étaient bloquées, des engins de
levage qui bloquaient les allées, les gars n’avaient pas le temps de les
ranger, sous-effectif oblige ! Le rythme de travail était tellement élevé
qu’on jouait avec la sécurité, on a donc alerté l’inspection du travail. Les
clients deviennent agressifs contre les salariés parce qu’ils trouvent que çà ne
va pas assez vite et on en arrive à des situations parfois limites. »

IKEA, un patron comme les autres donc !

 « Cette
entreprise cherche à nous faire adhérer à ses valeurs, ajoute le syndicaliste
mais ce sont les valeurs du capitalisme, du patronat pas les nôtres. Ils
veulent l’union sacrée autour de la grande famille, du capital ! 
»

Ils sont conscients que la lutte éclatée, boîte par boîte,
ville par ville, n’aura jamais l’efficacité d’un tous ensemble.


Montpellier le 17/09/2011

William Salhen            ikea.jpg

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