Montpellier, vendredi 18 octobre, manifestation contre la venue de Le Pen



Vendredi 18
octobre, 
à l’appel du collectif antifasciste 34, auquel participe la GA,  appelle largement à mobilisation : trois cents personnes ont manifesté contre la venue de J.M. Le Pen venu présenter ses candidats aux municipales, 



antifamtp17_10_13n_2.jpg antifamtp17_10_13n_1.jpg Pour lire en PDF, le tract recto-verso du collectif, cliquez sur l’image ou ici : tract_18_oct.pdf



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Vendredi 18 octobre,  J.M. Le Pen vient présenter à Montpellier les têtes de liste du Front National pour les élections municipales dans l’Hérault.  Le collectif antifasciste 34, auquel participe la GA,  appelle largement à mobilisation :

Rassemblement Vendredi  18 octobre à 17 heures – arrêt de tram Antigone – (derrière Polygone, place Paul Bec)

Pour dire haut et fort que ce parti n’est pas un parti comme les autres. La banalisation des ses idées nauséabondes nous alerte. Nous voulons dénoncer son projet politique réactionnaire et raciste qui ne vise qu’à diviser les classes populaires, le monde du travail et casser les solidarités. 


Point de vue : lutter contre le FN, un combat de longue haleine

par Myriam Martin,  publié le 20/09/2013 

Il y a quelques jours un grand quotidien national titrait à la
Une Le Front national part à la conquête du pouvoir. Dans les pages intérieures,
il annonçait en gros titre également « la grande peur du Front national
s’empare des élites politiques ». Est-ce cette peur qui a poussé François
Fillon à déclarer qu’aux municipales entre le PS et le FN il voterait pour le
moins sectaire ? Ou bien est-ce dû aussi à ce « parler décomplexé »
dont use l’UMP depuis plusieurs années ?

Les propos de Fillon ont soulevé un tollé à gauche et un tollé également
à droite chez les dirigeants de l’UMP. Jamais au grand jamais ont affirmé Alain
Juppé, Henri Guaino et jean François Copé (qui ne perd pas de temps quand il
s’agit de tacler son adversaire), l’UMP ne s’alliera au Front national !
Ce grand élan de tartuferies pourraient nous faire rire de la part de Guaino et
de Copé en particulier, car on n’a pas oublié que le premier est un des grands
pourfendeurs du mariage pour tous et qu’il a manifesté sans gêne aux côtés
d’une extrême droite très présente lors des défilés de « la manif pour
tous ». Nous n’avons pas davantage oublié l’épisode «  de la
chocolatine » chez le deuxième, habitué aux provocations tape-à-l’œil pour
attirer les électeurs frontistes. Mais il n’est pas question de rire ici, les
propos de Fillon ne font que témoigner une fois de plus de la radicalisation du
discours de la droite, de la porosité entre les deux formations et évidemment
du poids du FN dans le débat et le jeu politique. Poids qu’il faut tenter de
mesurer à sa juste valeur. Pas toujours facile d’autant que depuis la prise du parti
par Marine Le Pen, celle-ci semble avoir réussi à modifier l’attitude des médias
vis-à-vis du FN. Faut-il parler de dédiabolisation selon la formule consacrée ?
Sans aucun doute. La volonté de la nouvelle présidente du FN de présenter son
parti sous un jour nouveau a fonctionné à plein dans les médias. Ceux-ci à leur
tour consciemment ou pas relaient cette image de « respectabilité »
que le parti d’extrême droite veut imposer. On pourrait citer pêle-mêle de
nombreux articles de la presse écrite ou des reportages télévisées qui montrent
un parti et sa dirigeante « relookés », sans aucune critique ou si
peu, de son programme et de sa nature même.

Les faits divers, en particulier les derniers, avec l’affaire du
bijoutier de Nice, amènent systématiquement une majorité de médias à expliquer
qu’ils « nourrissent le vote du Front national ». Prophétie autoréalisatrice
s’il en est puisque répéter cela en boucle finit par envoyer le message suivant :
seul le FN aurait des solutions pour lutter contre l’insécurité !

Mais le coup de force de Marine Le Pen c’est d’avoir su imposer
le FN comme un parti antisystème, n’ayant nullement besoin de l’UMP pour
exister. C’est, il faut l’avouer, un des paradoxes du Front national :
jouer le parti hors-système et en même temps effectuer la course à la
respectabilité avec en ligne de mire obtenir le plus d’élus possibles.

Un autre des paradoxes et pas des moindres, c’est de croire ou
de laisser croire que le programme de Marine Le Pen serait plus édulcoré que
celui de son père. Outre que les thèmes de l’immigration et de la sécurité (de
l’insécurité plus exactement) sont récurrents, le FN lie aux questions
nationales les questions sociales, se faisant passer pour le défenseur des « petits »
dont les ouvriers, les plus démunis. Ce danger là n’est jamais ou
insuffisamment dénoncé. C’est sans doute en partie le travail des syndicats qui
s’alarment aujourd’hui de la morsure du discours frontiste chez les
travailleurs. Pourtant l’imposture du FN en la matière pourrait être facilement
révélée : ce parti ne lutte en rien contre le système capitaliste, il
s’inscrit intégralement dans celui-ci que cela soit du point de vue des
institutions que de l’organisation économique. 

Mais si cette imposture persiste aujourd’hui c’est que de
nombreux éléments contribuent à la faire durer ! Le contexte d’une crise
du système à multiples facettes et très brutale, la radicalisation du discours
d’une droite décomplexée qui veut capter les voix frontistes, le rôle néfaste
d’une grande partie des médias qui avalise la prétendue « mue » du FN
et la politique du PS au pouvoir permettent au FN de surfer sur le mécontentement
des laissés-pour-compte. Laissés-pour-compte qu’on trouve souvent à la périphérie
des grandes agglomérations, dans des zones mi rurales mi urbaines, affectées de
longue date par le chômage, par la diminution voire la disparition des services
publics. Il faudrait bien sûr approfondir l’étude sociologique de l’électorat
frontiste, il n’est pas le même partout, il y a des différences notables entre
celui des grands déserts industriels du  Nord de la France et celui plus
traditionnel du sud-est. Mais cet ancrage du Front national est bien réel.

Il ne s’agit nullement ici de verser dans le « catastrophisme »
ou dans la dramatisation. Il s’agit au contraire d’essayer de mesurer le danger
que représente le FN et de tracer des pistes pour le combattre.

Par ailleurs contrairement à ce qu’on peut parfois lire, Marine
Le Pen n’est pas à la porte du pouvoir et malgré sa stratégie de « normalisation
et de professionnalisation » (ou peut-être à cause d’elle?), elle reste très 
impopulaire aux yeux des Français puisque 65 % d’entre eux en ont une mauvaise
opinion et 67 % n’envisagent en aucun cas de voter pour elle à la prochaine élection
présidentielle.

Marine Le Pen a beau faire, elle a dû mal à faire oublier que
son parti est à l’extrême droite.

Cependant les manifestations de rue même si elles sont nécessaires
pour rappeler ce qu’est le FN, ne seront pas suffisantes pour faire reculer les
idées. Le combat contre le FN est un combat de longue haleine qui doit combiner
plusieurs aspects : démonter les idées frontistes dans tous les champs
d’intervention, syndical, politique et social, reconstruire un front
antiraciste dans ce pays, mais surtout rendre enfin crédible à gauche un projet
alternatif qui réponde à l’urgence sociale et qui s’oppose aux politiques austéritaires
d’où qu’elles viennent.

Un vaste chantier.


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