Non au fichage ADN des militants du mouvement social !



Une centaine de militantes et de militants se sont rassemblés lundi 22 janvier pour soutenir Giorgos, militant CNT,  lors de son procès en appel pour refus de prélèvement ADN exigé après une arrestation pendant le mouvement de 2010 pour les retraites..    Le procureur a demandé la même peine que lors du premier procès, soit 1 mois de sursis et cinq ans de mises à l’épreuve.












Le 21 Octobre 2010, pendant la lutte contre la casse des retraites, un
collectif de lutte a organisé une action à l’Agence Pôle Emploi à Montpellier.
Après une distribution de tracts dans l’agence, une petite manifestation a été
organisée. Les policiers ont alors chargé et arrêté 5 personnes. Parmi elles,
Giorgos, syndicaliste à la CNT, a refusé le prélèvement ADN et est depuis
poursuivi. Ce « crime » est passible d’1 an de prison ferme et de 15000 euros
d’amende

Lors du premier procès Giorgos
avait été condamné à 1 mois de sursis et 5 ans de mise à l’épreuve. Une
sanction lourde pour un refus de donner son ADN, le tribunal faisant de son
activité de militant anarchiste une circonstance aggravante. Deux camarades arrêtés
avec lui témoignaient pour lui.



Une majorité de militant-es libertaires étaient présents avec des délégations
de la CNT du Gard et de la CGA de Perpignan.

Une série de prises de parole ont eu lieu afin d’affirmer le refus
du fichage et la solidarité. Sont intervenues en premier les organisations où
milite Giorgos, c’est à dire la CNT et la CGA. Ensuite sont intervenues AL, le
NPA, la GA, le PG. Solidaires bien représenté n’est pas intervenu.

Le procureur a demandé la même peine. Le rendu de décision est le 18
Février.

 Rappel des faits : 

Le 21 Octobre 2010, dans le cadre de l’intensification de la lutte
contre la casse des retraites, le collectif interprofessionnel contre la
réforme des retraites, a décidé d’occuper partiellement l’Agence Pôle Emploi de
l’avenue de Toulouse à Montpellier.

A cette période, le mouvement se radicalisait et les actions de
blocage de l’économie s’intensifiaient, se généralisant dans tout le pays.
Durant cette même période l’État a décidé de passer à la contre-offensive.
S’appuyant sur les discours de médias qui parlent des « casseurs » ou qui
inventent une autre catégorie de « casseurs » (celles et ceux qui bloquent), le
premier ministre condamne « l’intimidation, les blocages et la violence »
synonyme selon lui de «négation de la démocratie et du pacte républicain ». Et
le porte parole du gouvernement assurait qu’il « ne laissera pas bloquer le
pays par les piquets de grèves. »

Lors de cette action, des tracts ont été diffusés afin d’informer
et de mobiliser les chômeurs et chômeuses comme les salarié-e-s du Pôle Emploi.
Les discussions ont permis de nouer des contacts. Il a été décidé par la suite
de partir en manifestation sur l’avenue de Toulouse. Au bout de 5 minutes et après
avoir parcouru environ 300 mètres, tout d’un coup (sans la moindre sommation)
au moins deux voitures de la Police ont fondu sur le cortège. Simultanément,
plusieurs policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) ont violemment chargé
les manifestant-e-s distribuant des coups de matraque. Les policiers ont arrêté
et mis en garde à vue 5 personnes au total. Parmi elles, Giorgos, syndicaliste
à la CNT, militant à la Coordination des Groupes Anarchistes, participant au
mouvement social contre la réforme des retraites, a été arrêté.

Aucune charge n’a été retenue suite à l’action. Les 4 personnes
arrêtées avec Giorgos ont été relâchées sans poursuites. Il en aurait été de
même pour Giorgos s’il avait accepté de se soumettre au prélèvement ADN. Ce «
crime » est passible d’1 an de prison ferme et de 15000 euros d’amende. Son
opposition au contrôle social, s’est traduit ici par un refus de fichage
génétique. Pour justifier les poursuites les policiers ont inculpé Giorgos pour
port d’arme de 6ème catégorie : un « Opinel » lui servant pour le pique-nique !

Le 22 septembre 2011, le tribunal l’a condamné à 1 mois de prison
avec sursis, en ne s’appuyant sur aucun fait, mais exclusivement sur le seul
principe du refus du fichage ADN. Pire, l’argumentation de la procureur suivie
par le juge tient du délit d’opinion. Celle-ci a en effet souligné l’engagement
anarchiste de Giorgos pour justifier la demande de condamnation.

Devant ce déni de justice, Giorgos et ses soutiens ont décidé de
faire appel de ce jugement.

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