Mobilisation réussie contre le gaz de schiste

Midi Libre : « Ils étaient plus de 3 000 à Saint-Christol-lez-Alès hier pour dénoncer les dangers des recherches pétrolières.« N’inschistez pas ! » Les pancartes rivalisaient d’humour hier à Saint-Christol-lez-Alès pour forcer la France à renoncer à toute prospection et exploitation du gaz de schiste sur le territoire »

Ci-dessous aussi, le communiqué de la Gauche Anticapitaliste


Communiqué de la Gauche Anticapitaliste

La Gauche anticapitaliste, membre du Front de gauche, soutient la journée de mobilisation nationale contre les dangers liés à l’exploitation du gaz et des huiles de schiste
La vigilance s’impose.
Le 14 septembre, F. Hollande a fermé la porte à la fracture hydraulique pour l’exploitation du gaz de schiste et il a demandé que 7 permis de recherche soient rejetés.
Mais, dans le même temps, dans des départements, des permis de recherche sont, semble-t-il, en cours de validité. C’est le cas de la Savoie, de la Haute-Savoie, de l’Ain.
D’autre part, les industriels ne désarment pas. Ainsi, 19 personnalités, dont Laurence Parisot pour le MEDEF, ont publié un communiqué commun pour rouvrir le débat, mettant en avant qu’il y avait d’autre méthode que la fracturation hydraulique.
Et de son côté, le président de l’Union française des industries du pétrole (UIFP), J. L. Schilansky, ne s’avoue pas vaincu sur ce dossier.
Les uns et les autres ne prennent pas en compte les dangers pour la santé et les dégâts pour l’environnement dans les territoires concernés. Ce qui compte pour eux, ce sont les futurs profits qu’ils espèrent engranger.
Ce débat est sensible dans l’opinion. D’ailleurs, 72% des personnes sondées sur le sujet se prononçaient contre le gaz de schiste.
Le 22 septembre, il s’agit de maintenir une mobilisation, qui avait commencé sous la présidence de Sarkozy, contraignant le gouvernement Fillon à des reculs, pour que le débat sur l’exploitation du gaz et des huiles de schiste ne revienne pas sur le tapis à la première occasion



Démonstration
de force des anti gaz de schiste



THIERRY
DUBOURG in Midi Libre

voir aussi la vidéo sur l’article en ligne de Midi Libre




Ils
étaient plus de 3 000 à Saint-Christol-lez-Alès hier pour dénoncer les dangers
des recherches pétrolières.
« N’inschistez pas ! » Les pancartes
rivalisaient d’humour hier à Saint-Christol-lez-Alès pour forcer la France à
renoncer à toute prospection et exploitation du gaz de schiste sur le
territoire.

Plus
de 3 000 personnes ont assisté au rassemblement qui proposait des stands
d’information, des forums, des témoignages… « Nous irons jusqu’au bout de
nos actions pour interdire le gaz de schiste. Ni ici, ni ailleurs, ni
aujourd’hui, ni demain », lançait à la tribune Maxime Combes (Attac).

« Les
industriels nient l’évidence. Les rapports montrent que l’on retrouve dans
l’eau des produits cancérigènes, mutagènes ou neurotoxiques, avec le risque de
polluer les nappes phréatiques », explique le docteur Pierre Souvet, de
l’Association Santé environnement France. Et il est inutile de lui parler
d’une possible sécurisation des forages
, souvent avancée aujourd’hui.
« La centrale atomique de Fukushima ne présentait aussi aucun risque. Et
pourtant… On lance aujourd’hui des nouvelles technologies sans avoir
suffisamment d’éléments pour déterminer l’impact sur la société. »

Les
anti gaz de schiste redoutent de voir les pétroliers contourner l’interdiction
d’utiliser la fracturation hydraulique. D’autant que les camions sismiques
doivent entrer en action très prochainement sur le bassin d’Alès
pour
cartographier le sous-sol et déterminer la teneur en gaz et huile de schiste.




Gaz de schiste
: controverse sur les effets des forages




ARNAUD
BOUCOMONT in Midi Libre



Séverin Pistre évoque « un réseau de failles
très intense » en Languedoc
.

D’ici
un mois ou deux, les camions vibreurs devraient avoir sondé le sous-sol du Gard
et de l’Ardèche, pour le compte de la société MouvOil,
en quête de traces précises d’hydrocarbures, qu’il s’agisse
au final de pétrole, d’huile ou de gaz de schiste. De quoi réactiver
mobilisations et peurs (Midi Libre du 15 septembre), les opposants
prévoyant déjà de s’enchaîner aux camions.

L’hydrogéologue
montpelliérain Séverin Pistre
croit savoir
pourquoi la question des gaz de schiste interpelle autant dans la région :
« L’eau y est rare. Il y a des sources. C’est l’eau qu’on boit. Dans
l’inconscient collectif, on est attaché à ces choses-là. » Et on a raison
de l’être, affirme-t-il.

400
000 personnes alimentées en eau potable

De
retour de Pennsylvanie, aux USA, et du Québec
– qui
vient d’annoncer hier un moratoire sur les gaz de schiste -, où il accompagnait
début septembre une délégation d’élus du Lot-et-Garonne, l’hydrogéologue est
plus inquiet que jamais sur les exploitations potentielles d’hydrocarbures dans
le sous-sol karstique languedocien.
« Notre région a été pressurée entre les Pyrénées et les Alpes, avec un
réseau karstique de failles très intense. L’essentiel de nos ressources vient
de ses roches-là, comme la source du Lez, avec 400 000 personnes alimentées en
eau potable. »

« Le
devenir des boues radioactives »

L’hydrogéologue
Séverin Pistre Séverin Pistre estime que l’imperméabilité des forages n’est pas
garantie, que les nappes d’eau pourraient être impactées quelques mois et
quelques années plus tard. Il s’interroge aussi sur « le devenir des boues
radioactives ». Car depuis 2 000 ou 3 000 mètres de profondeur, on
remonte quantité de radionucléides et de métaux lourds, présents naturellement
dans le sous-sol. Et le chercheur de citer l’exemple de Lodève et
Saint-Affrique
où on exploitait l’uranium. Ou encore de l’ancienne mine de
Saint-Sébastien-d’Aigrefeuille, près d’Anduze, et son stock d’arsenic à ciel
ouvert.

L’enjeu
sur l’eau, à l’en croire, est à la fois « quantitatif et qualitatif » :
sur la consommation d’eau pour fracturer la roche (« 10 000 à 20
000 m3, l’équivalent de quatre à huit piscines olympiques »
) et sur les
pollutions ultérieures. Les produits mélangés avec le sable et utilisés pour la
fracturation, « du formol, du benzène, peuvent être cancérigènes »,
observe Séverin Pistre.

« Les
industriels ratissent tout le sous-sol »

En
Amérique, il s’est nourri de témoignages. Au Québec, il a entendu des voisins
expliquer que « le prix des maisons chutait, avec des compagnies
d’assurance qui disent “Il faut payer plus parce qu’il y a plus de
risques” ». En Pennsylvanie, le chercheur n’a « pas été impressionné
par les dégâts visibles, à l’exception des grandes trouées dans la forêt pour
faire passer les gazoducs et les carrières qui minent le paysage, parce qu’il
faut bien apporter du sable pour fracturer la roche et stabiliser les routes et
les plateformes ».

Les
dégâts, explique-t-il, sont cachés : « Les industriels ratissent tout le
sous-sol », avec des forages qui partent à la verticale puis à
l’horizontale « en formes de fourchettes ». D’ici là, les opposants ne
sont pas prêts à se laisser manger tout crus.

Aujourd’hui,
à Saint-Christol-lez-Alès, un rassemblement antigaz de schiste est programmé,
dans le cadre d’une journée mondiale. De 10 h à 19 h.

Esprit libre

Séverin
Pistre, 47 ans,
s’est découvert une
passion pour les gaz de schiste sur le tard. Il y a deux ans, l’université
Montpellier
2 reçoit une demande d’éclaircissements techniques sur le gaz de schiste,
émanant du conseil général de l’Hérault.
Il participe avec trois collègues à
la rédaction d’un texte qui s’avérera être « un des premiers rédigés en
français et adressés au grand public ». Depuis, il n’arrête pas. Une
cinquantaine de conférences depuis début 2011 et deux exposés devant la
commission européenne, à Bruxelles.
Il a d’autant plus multiplié les
conférences que certains de ses collègues chercheurs les refusaient. « Beaucoup
de géologues et leurs labos travaillent en collaboration avec Total ou GDF, qui
financent leurs travaux, souligne Séverin Pistre. Pour ceux qui courent après
une carrière, il vaut mieux qu’ils fassent les morts. Moi, je pense que c’est
une occasion assez rare de montrer que le chercheur payé par le contribuable
sert à quelque chose. » 


interview de José Bové par ML : « Il faut un moratoire sur les permis »

François
Hollande a annoncé l’arrêt de sept permis. Mais il en reste d’autres…

Une
trentaine de dossiers sont encore flous au plan industriel, avec des projets
très ambigus. Dont on ne sait rien sur la technique ou la profondeur de forage
par exemple. Il faut faire remonter au ministère tous ces projets pour les
faire expertiser. Mais il faut aller plus loin. La solution de sagesse que j’ai
proposée est de faire un moratoire sur tous les permis pour vérifier tout ça.
Et il faut que ce moratoire dure pendant toute la période de la remise à plat
du code minier qui va modifier la donne notamment en terme de démocratie ou
d’environnement. Il est impossible de se baser sur ces permis avec une
législation qui sera obsolète.

Mais
Mouvoil a déposé une demande pour permettre aux camions sismiques de travailler
sur le bassin d’Alès.

Le
préfet du Gard a reçu les maires concernés qui ont dit leur opposition. La
balle est maintenant dans le camp du ministère qui doit suspendre ces
autorisations. Il faut aller jusqu’au bout du processus.

Depuis
quelques semaines, le discours pro gaz de schiste a fait du chemin ?

Depuis
fin juin, les boîtes de communication ont travaillé pour les pétroliers. Après
l’élection présidentielle, il s’agissait pour eux de renverser la situation.
C’est une campagne classique d’intox. Mais c’est le contraire qui m’aurait
surpris. Il n’y a rien sur les technologies alternatives et la transition
énergétique. Les vieux fronts productivistes se réunifient avec les patrons, la
CGT et le PC. Je pensais que certains avaient mieux évolué.

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