Rencontre entre la GA 34 et le NPA 34

Un an après la scission du NPA, une rencontre a eu lieu cet été entre la Gauche Anticapitaliste 34 et le NPA 34, à la demande de celui-ci, afin d’avoir un échange sur la situation politique, les expériences de chacune des organisations depuis l’entrée de la GA au Front de Gauche, les perspectives de travail unitaire. Compte rendu ci-dessous.












Compte rendu de la rencontre NPA34-GA34 du
8/07/2013

 Le NPA était représenté par Thomas Balenghien, Anne Freiss et Martine Granier. 

La GA était représenté par Boris Chenaud, David Hermet et Xavier Marchand.


– NPA : « Pourquoi cette rencontre « 

  » Dans un
contexte politique marqué par des attaques extrêmement violentes contre notre
camp social, et en vue des échéances de mobilisation pour nos retraites et des
élections municipales de 2014, le NPA a pris l’initiative d’inviter la GA à
discuter 1) de l’analyse de la situation politique, 2) de nos expériences
respectives depuis l’adhésion de la GA au Front de gauche et 3) des
perspectives de travail unitaire. Il s’inscrit ainsi dans la dynamique de la
résolution politique du dernier congrès du NPA, à savoir une démarche unitaire
envers toutes les composantes à la gauche du PS dès lors qu’elles s’inscrivent
dans une indépendance durable par rapport au PS. »

 

Analyse politique générale

 

– NPA Introduction 

 »  Introduction
de la situation politique en rappelant l’extrême violence des attaques du
gouvernement Hollande/Ayrault :


attaque contre le code du travail avec la transcription dans la loi de l’accord
national interprofessionnel de janvier 2013, qui permet de contourner les
procédures d’information/consultation des instances représentatives du personnel
et de limiter les possibilités de recours à la justice lors des procédures des
plans de licenciement ;

– les
cadeaux aux entreprises qui continuent avec les 20 milliards du crédit impôt
compétitivité ;

– les
attaques contre les statuts des fonctionnaires, attaqués par la loi Fioraso
dans la dernière loi de l’enseignement supérieur et de la recherche ou dans les
procédures de privatisation de la Poste ou de la SNCF ;

– une
politique d’austérité implacable avec la diminution partout des budgets publics
;

– une
politique intérieure réactionnaire, avec le démantèlement des camps de Roms, la
chasse et les expulsions des sans-papiers, le refus du droit de vote des
étrangers.

La
seule mesure progressiste, le mariage pour tous, c’est faite à minima, en deçà
des promesses de campagne, et nécessité presque un an de tergiversations,
permettant à la droite réactionnaire de déverser ses propos homophobes.

Associée
aux affaires, comme celle de Cahuzac, discréditant les politiques
professionnels et mettant en crise l’actuel système de démocratie
représentative, cette situation profite à la droite, et surtout à l’extrême
droite, dont les discours ont été légitimés par les politiques de l’intérieur
de Sarkozy, puis de Valls.

Face à
ces attaques, les luttes des boites en fermeture s’organisent, mais elles
restent isolées, et le mouvement social reste atone, malgré quelques essais de
convergence des luttes, du côté des Fralib ou de celui de Sanofi programmé en
septembre.

Face à
cette situation, le NPA milite pour la construction d’une réelle opposition de
gauche, clairement dans l’opposition et durablement indépendante du PS pour
soutenir les luttes et leur donner une perspective politique. » 

 

–  GA

 » La GA
partage ce qui est dit ci-dessus mais il est nécessaire de prendre la mesure de
ce qui est nouveau dans la situation par rapport aux expériences antérieures
des gouvernements PS.

– Pour
la première fois, un gouvernement dirigé par le PS ne réalise aucune réforme à
vocation sociale à son arrivée. 
Auparavant, le PS cherchait un tant soit peu à satisfaire ceux qui
venaient de voter pour lui avec quelques réformes emblématiques (certes
limitées et critiquables) marquant une différence avec la droite (les réformes
de 81 sont un cas un peu particulier, mais en 1988, il y a  eu le RMI et la CMU, et en 1997 les
35h).  Le mariage pour tous ne
remplit pas ce rôle car il ne touche pas à la question sociale. Sur certaines
questions (loi reprenant l’accord sur l’emploi, projet sur les retraites), le
PS va même au-delà de ce qu’ont pu faire les précédents gouvernements de
droite.

– La
montée du FN semble plus profonde que précédemment. Elle concerne un électorat
plus jeune, et le FN gagne une forte influence dans des zones populaires
périurbaines et les petites villes industrielles en crise. Des groupes
néofascistes plus à droite que le FN peuvent profiter de la montée du FN pour
se construire et mener des actions plus violentes. Le FN est en position de
force car ses idées progressent dans une société en crise, légitimées par  la droite sarkozyste ou aussi par Valls

– Sur
bien des sujets, (la seule exception est la question européenne), il y a fusion
entre l’électorat de droite et celui du FN, tandis que l’UMP est de plus en
plus droitière. Cela risque de conduire à des recompositions à droite avec
possible construction d’un puissant bloc de droite dure avec le FN et des bouts
de l’UMP.

 

Tout
cela se passe dans une crise européenne majeure, où les luttes sociales sont
menées, mais presque jamais victorieuses.

Si on
voit émerger au Portugal ou en Grèce des blocs politiques de gauche radicale,
capables de se poser en alternative voire d’être candidat au pouvoir, la gauche
radicale apparaît néanmoins assez en difficulté en Europe. » 

 

Stratégie

 

– NPA :  » La perspective politique du NPA est de construire une opposition de gauche au gouvernement, appuyée sur
les luttes et le mouvement social, comme perspective politique permettant de
rompre avec le capitalisme. Faute de parvenir à créer cette opposition claire
au PS et à offrir cette perspective, l’extrême droite va continuer à bénéficier
du désespoir d’une partie de plus en plus importante de la population.

Le NPA
a fait le choix de ne pas entrer au FdG car, pour l’instant, il est
principalement dans une stratégie institutionnelle (exemple appeler à un référendum
au moment où le mouvement social contre la réforme des retraites était le plus
fort – blocage des raffineries, ou réclamer le vote d’une loi sur
l’interdiction des licenciements boursiers, par les députés PS qui viennent de
transcrire dans la loi l’ANI de janvier 2013) et dans la recherche de
l’implantation d’élus. Certains positionnements du Front de Gauche sont
ambigus : proposition de Mélenchon d’être premier ministre de Hollande,
gestion locale avec le PS de certaines composantes du FdG.

Nous
savons qu’un réel changement ne viendra que d’une réelle mobilisation de masse.
Il faut donc être présent dans les luttes, essayé de les favoriser, et toujours
développer un discours politique permettant aux uns et aux autres de se
projeter dans un futur émancipateur, notamment par le biais de revendications
transitoires adaptées et mettant en exergue les exemples révolutionnaires qui
nous entourent déjà (sécurité sociale, retraites…). Mais le NPA considère que
ce n’est pas à lui à prendre le pouvoir. Les élections sont des moments de la
vie politique importants, car ils permettent une audience, notamment
médiatique, qui fait habituellement défaut au discours anticapitaliste. Mais il
faut bien se garder de jouer le jeu de l’illusion institutionnelle, car la
déception pourrait être à la hauteur de l’espoir. Ce n’est pas par les
institutions que la vie des gens changera, même si des victoires politiques
dans ce cadre peuvent encourager la mobilisation sociale. Il faut être clair
dans le discours. C’est grâce à l’auto-organisation des travailleurs que les
choses changeront durablement.

Le NPA
invite toutes les formations politiques et sociales à la gauche du PS à
construire cette opposition. « 

 

– GA : « La GA pense
que le rassemblement de l’opposition de gauche que le NPA appelle de ses vœux,
existe déjà en partie avec le Front de Gauche. Celui-ci a pris l’initiative de
deux importantes manifestations de rue depuis un an, ce qui est une première
sous un gouvernement PS et montre que le FDG n’est pas que dans une stratégie institutionnelle.
Les critiques que portent le NPA sur le FDG ou sur certaines prises de
positions de JLM peuvent être parfois justes mais le NPA raisonne comme si la
situation était figée. Il y a une dynamique à l’œuvre liée à la crise
économique, à la politique menée par le PS, à la décision prise de ne pas aller
au gouvernement, dynamique qui, malgré des limites, des ambigüités, et des
contradictions, fait que le FDG incarne aujourd’hui l’opposition de
gauche. 

La gravité de la crise
plaide pour un rassemblement unitaire de toutes les forces de gauche qui
s’opposent à l’austérité, la longue liste des « ambigüités » et des
désaccords passés est assez secondaire.

Au-delà,
il ne s’agit pas de simplement faire de l’opposition de gauche en espérant un
souhaitable mais incertain mouvement social d’ampleur. L’objectif n’est pas de
faire tomber le PS pour voir revenir au pouvoir une droite dure. Il s’agit de
construire une force politique capable d’incarner une vraie alternative de
gauche. Une force capable d’être candidate au pouvoir, sachant qu’une vraie
transformation sociale nécessitera certainement la combinaison de mouvements
sociaux d’ampleurs et des percées électorales de la gauche radicale. Aucun
parti à gauche du PS ne peut prétendre à lui seul répondre à un tel  défi  d’où la nécessité de construire un front.

 

La GA
œuvre donc pour que le processus du FdG réussisse. En effet il n’y aurait rien
à espérer d’un échec du Front de Gauche, échec toujours possible : risque
de sclérose à cause de la concurrence entre ses deux principaux partis,
possibilité de voir revenir la question de l’alliance avec le PS à l’occasion
des municipales ou sous prétexte des risques liés au FN et à la droitisation de
l’UMP…

 

La GA a
donc choisi de participer activement de l’intérieur et considère que la
position de spectateur est dommageable.

La
création d’un troisième pôle rouge et vert au sein du FdG a pour but de peser
au sein du FdG par un programme de rupture et un mode de fonctionnement
différent des deux composantes principales.  Si le PG a évolué vers la gauche depuis sa création et
présente l’intérêt de réunir des gens divers, il a un mode de fonctionnement
trop vertical qui lui interdit d’être le parti creuset qu’il prétend être. Le
PC vit aujourd’hui des contradictions internes importantes liées notamment au
rôle des élus dans les municipalités cogérées avec le PS. » 

 

Perspectives

 

Elections municipales à Montpellier

– NPA  « Le NPA est
dans une dynamique de construire localement une opposition de gauche à la
politique municipale et contacte à ce titre les organisations politiques et du
mouvement social. Dans la logique des analyses exprimées précédemment, une
liste municipale issue de cette dynamique ne ferait aucun accord au second tour
avec les partis qui participent aujourd’hui au gouvernement. » 

 

– GA « La GA est
partie prenante du processus de création d’une liste « à l’initiative du
FdG » qui a commencé par des discussions thématiques. Cette liste est
ouverte à qui manifesterait la volonté de participer. La GA  s’est positionnée et mène bataille au
sein du FDG, car cela ne fait pas consensus, pour des listes de premier tour
opposées à la politique libérale d’austérité et à leur déclinaison
municipale et donc ces listes doivent être indépendantes du PS. 

A
propos du second tour (question posée par le NPA), la GA s’est prononcée pour
une fusion « technique » des listes de gauche au deuxième tour, sans
solidarité de gestion avec le PS. Il s’agît d’une bagarre liée au système de
scrutin, pour une représentation fidèle à la proportionnelle.  De plus si le PS évolue à droite, l’UMP
aussi, donc il n’est pas possible de faire un complet trait d’égalité entre le
PS et la droite. Le FN est aussi une vraie menace dans certaines villes. La GA
ne veut pas faire cadeau au PS du seul argument qui lui reste : faire
passer ceux qui le critiquent à gauche pour les alliés objectifs de la droite
et l’extrême droite. Cette proposition pour une fusion technique s’applique
beaucoup plus à des villes où la droite dirige où là ou la droite et le FN sont
une menace qu’à une ville comme Montpellier où la droite et le FN sont faibles
et où du coup un maintien de la liste FDG au second tour est possible. 

La
présence d’une liste FDG au premier tour et l’exigence d’une indépendance dans
la gestion, vis-à-vis du PS, dans un éventuel accord dit
« technique » de deuxième tour (indépendance pour la GA – les autres
composantes de la liste étant libres de leur choix)  permettent tout à fait 
un positionnement d’opposition. Cette
position de la GA sur le second tour est celle qu’avait la LCR aux municipales
de 2001 et 2008, le NPA aux régionales de 2010.

La
situation peut cependant évoluer d’ici mars 2014 et cette question de second
tour est pour nous, tactique, à analyser en fonction des résultats et de la
conjoncture. »

 

– NPA « Pour le NPA, ce positionnement introduit au contraire un brouillage qui ne
positionne pas clairement le FdG dans l’opposition.Les exemples cités sont
intervenus dans un contexte tout à fait différent. Aujourd’hui c’est le PS qui
est au pouvoir et mène une politique antisociale. 

Pour ne
développer que le dernier exemple, celui des régionales de 2010, la liste
unitaire rassemblant notamment le NPA et le FdG se présentait, en particulier
en rupture avec la majorité sortante menée par Frêche. Dès lors, un
« accord technique » pouvait s’envisager avec des listes d’opposition
à Frêche (comme la liste dissidente du PS) et menées par des partis ne
participant pas au gouvernement. Pour le NPA la fusion, même technique, n’est
pas envisageable avec la liste de la majorité municipale. Comment revendiquer
le développement des crèches et militer pour un retour en régie publique de
l’eau et fusionner avec la liste de la municipalité sortante, sans doute menée
par Moure, qui a privatisé une crèche ou reconduit la délégation de service
public pour l’eau à Veolia. Comment essayer de mener une liste avec des
militants engagés dans le soutien au peuple palestinien et fusionner avec ceux
qui organisent chaque année la journée de Jérusalem. Comment proposer un
programme réellement anticapitaliste et fusionner avec le PS ou EELV, qui au
gouvernement, mène une politique, tout le monde en convient, « au-delà de
ce qu’ont pu faire les précédents gouvernements de droite ». Pour le NPA,
c’est une position qui n’est pas défendable et pas compréhensible, d’autant
plus dans une ville où le risque d’une victoire de l’extrême droite est nulle
et de la droite très improbable. »

 

 



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