Saint Gély et agglomération de Montpellier : l’urbanisation en question




A Saint Gély, certains habitants  se mobilisent contre le nouveau SCOT qui vise à augmenter la densité, mobilisation où la défense de l’environnement peut servir de prétexte au refus des logements sociaux. A Gauche toute Saint Gély répond à ce qui apparaît être un refus de la mixité sociale. 

Montpellier cumule les mauvais records (chômage, pauvreté) mais l’agglomération relance une campagne de publicité pour renforcer encore la croissance
démographique. La périurbanisation, dévoreuse d’espaces verts et agricoles,
s’accroît, sans véritable plan d’ensemble ni concertation des habitants. 




cartenordagglo.pngSamedi 13 octobre, à St Gely, à l’occasion de l’enquête publique
organisée par le syndicat mixte du SCOT
(Schéma de Cohérence Territoriale)
qui dépend de la Communauté de Communes du Grand Pic St Loup, il y a eu mobilisation
de certains habitants
(voir ici
l’article de Midi Libre)
contre les propositions de nouvelles normes
du SCOT (voir ici)
 permettant d’augmenter les densités
d’occupation
des zones construites et constructibles dans de fortes
proportions (+50%, +100%… de 10-15 à 25 logements à l’hectare) selon les
communes. 
Certains maires (Georges Vincent, St Gély) disent soutenir les
protestataires mais ont travaillé aussi à l’élaboration du SCOT en tant
qu’élus. 

 Une concertation baclée ? 

Depuis des mois, voire des années, alors que le processus SCOT est
engagé depuis 2003, le silence gêné des élus locaux (pas de lettre SCOT
depuis janvier 2011) sur le SCOT (élaboré dans la douleur avec le bureau
d’études missionné mais en cercle très clos des élus) et son PADD (Plan
d’action de développement durable, au cours des 10 derniers mois), est de mise,
illustrant la très forte pression politique et institutionnelle de l’Agglo de
Montpellier et des collectivités territoriales (Région et Conseil Général 34).

L’enquête publique (courte
de seulement 30 petits jours après 10 ans de processus et des documents
définitifs mis en ligne depuis à peine 2 mois) sera-t-elle bâclée ?

 Augmentation de la densité : une bonne solution pour limiter la périurbanisation ? 

urba.jpgLa péri-urbanisation, avec lotissements de maisons individuelles, est une grande dévoreuse d’espaces (voir carte ci-contre sur son impact dans le secteur du Pic Saint Loup) et nécessite d’importantes infrastructures (voiries, réseaux). Très étendue à l’Est de Montpellier, elle consomme beaucoup d’espace agricole, conduit à des paysages urbains monotones et pose d’importants problèmes de circulation. Ce n’est pas une solution d’avenir. 

Les normes d’habitat du SCOT visent à densifier l’habitat en
permettant la poursuite de l’urbanisation du Grand Montpellier mais en
limitant l’étalement urbain pour préserver les trames vertes (forêts, bois…)
et bleues (milieux aquatiques) déjà bien affectées. (voir ici)

C’est louable sur le principe, si ce n’est qu’existe… la spéculation immobilière

L’effet pervers induit par ces nouvelles normes du SCOT est que cela permet des spéculations immobilières : rachat de villas et terrains pour construction de résidences densifiées,…   (c’est ce que ‘on voit nettement dans la ville de Montpellier depuis l’augmentation du plafond de densité : les maisons individuelles rachetées sont remplacées par des immeubles)

La peur des habitants des zones
pavillonnaires porte donc sur l’atteinte au cadre de vie  si la densité, la circulation
automobile, la construction de bâtiments (résidences), les nuisances
(bruit..)… augmentaient. Du coup, les petits propriétaires peuvent 
 aussi  craindre la dévalorisation de leurs biens immobiliers ou fonciers à la revente, même si à l’inverse la spéculation peut conduire à la hausse des prix de cession aux spéculateurs immobiliers. 

L’inquiétude des habitants a donc des bases réelles, bien que non dénuée de Nimbysme. (NIMBY: Not In  My Back Yard !, pas de çà dans ma cour !). 

En effet, il peut y avoir derrière ce refus de la densification – et c’est clairement exprimé par une partie des opposants – un refus de voir se construire des logements sociaux. Or, dans l’agglomération de Montpellier, les logements sociaux se concentrent dans la ville centre tandis que les villages périurbains, surtout au nord, comme Saint Gély, sont bien en dessous du seuil légal. 


L’agglomération de Montpellier après des décennies de croissance démographique rapide et  ininterrompue, voulue et encouragée par l’équipe frèche, voit se cumuler les problèmes environnementaux ( embouteillages, destruction des terres agricoles, paysages périurbains monotones….) alors que la situation économique et sociale reste mauvaise, tandis que les maires ou une partie des populations des communes périurbaines refusent la création de logements sociaux au sein de leur commune. 

La voie est donc étroite entre d’une part la pression des institutions locales (ici plutôt l’agglo de Montpellier avec ses publicités) et des spéculateurs immobiliers pour une urbanisation rapide et destructrice de l’environnement, et d’autre part une défense du cadre de vie qui est en réalité un refus de la mixité sociale. 

Ceci montre que l’on ne peut confier au marché comme aux seuls élus les choix de développement urbain pour demain. En même temps, toute mobilisation des « habitants », même avec des arguments en apparence écologistes, n’est pas à soutenir.

Un certain nombre de mesures apparaissent donc nécessaires :
– durcir la loi sur le seuil de logements sociaux dans les communes, avec par exemple,  rendre inéligible les maires qui refusent d’atteindre le seuil légal.
– créer des logements sociaux qui ne soient pas des barres d’immeubles mais plutôt de petites résidences ou des maisons jumelées.
– rendre parallèlement inconstructible une ceinture verte et agricole, afin de maintenir une agriculture locale et afin de freiner l’urbanisation. 
– sortir de la politique délibérée d’expansion démographique (cf les publicités de l’agglo pour attirer de nouveaux habitants, aisés de préférence) comme remède aux difficultés sociales et économiques. 
– créer les mécanismes de contrôle sur les élus et les décisions en terme d’urbanisation. L’agglo de Montpellier a de plus en plus de compétences au dépend des communes alors que ses membres ne sont pas élus directement par la population pour ce mandat là (ils sont choisis au sein des conseils municipaux). En même temps, la défense des communes contre l’agglomération peut servir de prétexte à la défense de la ségrégation socio-spatiale (pas de pauvres chez nous !). L’échelle à démocratiser de manière la plus urgente est donc celle de l’agglomération. 

 Urbanisation et approvisionnement en eau 

Cette question de densification péri-urbaine est évidemment à
relier à la gestion régionale de l’eau
. La vraie cohérence territoriale
exige de jouer cartes sur table. 

En effet, le contournement Nord de Montpellier
du projet Aqua Domitia desservira en eau brute BRL (Bas Rhône Languedoc)
les zones urbanisées du Pic Saint Loup et le CG34 rappelle dans son dernier
bulletin d’octobre 2012 que c’est une vocation multi-usage (jardins, espaces
verts, nettoyage urbain, piscines, potabilisation, soutien d’étiage… mais
aussi -accessoirement- agriculture) qui est désignée pour ce maillon
hydraulique.

Pas d’urbanisation sans eau
dans un milieu aux ressources en eau karstiques déjà saturées (Lez, nappes,
sources) et au profil de « gruyère » (combien de forages sauvages?),
Aqua Domitia permettra donc cette densification. Or personne parmi les
habitants mobilisés ne l’évoque. Et personne n’évoque les interconnections
hydrauliques en projet qui vont mailler ces espaces et faire se croiser tuyaux
et ressources. Ne sont-ils pas informés par leurs élus ?

Plus vous amenez de l’eau brute, plus on peut construire sans toucher
aux ressources en eau locales saturées. (La Provence connaît çà depuis 40 ans)
Or les collectivités (Région, CG, Agglo Mpl, CCGPSL) soutiennent ce projet Aqua
Domitia coûteux, sans garantie de financement et à la rentabilité discutable.

 Face à cet état de fait, le principe suivant peut être
mobilisé: « Pas d’eau, pas d’assainissement, donc pas de densification
possible au regard des normes de qualité de l’eau (Directive cadre européenne
sur l’eau 2000) ».
Certains maires de la communauté de communes, mieux renseignés ou plus
malins, se l’appliquent d’abord à eux (Murles, Saint Vincent de B.) mais
laissent aux autres (Saint Gély) la densification urbaine : pourquoi ? 
Par
proximité partisane ? Ou par égoïsme ? Par souci environnemental sincère ?
 Non,
décidément, l’aménagement du territoire en Hérault n’est jamais transparent.

 Comment le préfet va-t-il s’y retrouver pour trancher après
l’enquête publique ? Même si la décision semble déjà prise. (cf. Midi Libre)
 

Le syndrome espagnol ?

En même temps, alors que les SANOFI sont licenciés par centaines,
l’Agglo de Montpellier relance une campagne d’attractivité (entreprises,
résidents potentiels) et donc de peuplement :  voir spot TV et ici la soirée du Zénith
mercredi 17 octobre.  et d’extension urbaine au delà de l’A9 au mépris des précédents engagements
territoriaux. Cette campagne de communication se déroulera dans une
agglomération sinistrée par le chômage (>13%) et les poches de bâtiments
inoccupés (à louer, à vendre), pourtant ville tertiaire « surdouée ». 
Ne serait-on pas déjà en situation de surcapacité à l’instar de ces
villes nouvelles espagnoles hyper-endettées? Après les emprunts toxiques des
collectivités, nos édiles y ont-ils seulement pensé?

Georges Frêche est mort. Récession aidant, l’heure de l’addition
approche. Qui va payer ces décennies de délire urbanistique ?

 à suivre…


Les positions d’A Gauche Toute St Gély 






A Gauche Toute 

DANGER !
MANIPULATION !

– 10 millions de personnes mal logées en France

– Il manque de 90 000 à 110 000 logements sociaux
aujourd’hui en Languedoc-Roussillon

Après avoir voulu entrer à
tout prix dans la Communauté de Communes du PSL, aujourd’hui le Grand Pic Saint
Loup, notre édile et son équipe qui se cachent derrière une association*, s’opposent
à ses orientations de triste manière : en faisant circuler une pétition faite
de slogans alarmistes.

Il est regrettable que
pareille énergie employée à détruire n’ait été consacrée à faciliter,
promouvoir l’information et la concertation sur le SCOT.

Saint Gély est-elle une
commune de la République française ou une cité égocentrée qui refuse de voir
les problèmes actuels ?

 

La Fondation Abbé Pierre
qu’on ne peut pas taxer de politique nous alerte : « Le coût du
logement est devenu inabordable pour beaucoup, insupportable pour les
catégories modestes et même à la limite pour les classes moyennes… L’accession
à la propriété, pivot de la politique actuelle – une aspiration partagée par un
grand nombre de familles – n’est plus possible pour la plupart d’entre elles…

Ses recommandations sont
aussi claires : « – Porter la part minimale de logements sociaux à
25% dans l’ensemble des communes…

 – Multiplier par 3 les contributions financières de
solidarité en cas de non respect des obligations de production de logements
sociaux.

– Mettre en œuvre le droit
de préemption urbain afin que les préfets se substituent aux communes qui ne
remplissent pas leurs obligations.

 – Retirer les droits à permis de construire au maire et les
confier au préfet lorsqu’une commune oppose un refus systématique et manifeste
aux opérations de logement social.. »

Nous partageons la
philosophie de ce point de vue.

A notre sens, le SCOT
élaboré par le Grand Pic Saint Loup même s’il reste perfectible va dans le bon
sens : il tente au moins de prendre en compte le problème du logement.

 

– Pour que nos enfants puissent toujours habiter Saint
Gély.

– Pour stopper un urbanisme dévoreur de terres.

– Pour arrêter d’enrichir les promoteurs immobiliers.

– Pour contenir la spéculation immobilière et le coût des
terrains.

– Pour bien vivre à St Gély avec plus de mixité
sociale.

– Pour rejeter l’égoïsme face à une crise du logement
sans précédent.

Refusons de nous faire
prendre en otage, sans informations, simplement sur des réactions de peur.

Réclamons un Plan Local
d’Urbanisme concerté pour notre ville.

 

AGT St Gély du Fesc

* Le maire a annoncé en
conseil municipal qu’il créerait d’une association pour s’opposer au SCOT.

 

 


Ci-dessous un extrait, sur la question de l’urbanisation, du compte-rendu du conseil municipal de Montpellier par les élus de la Gauche Anticapitaliste et FASE


La délibération 2 concernait « la démarche d’élaboration du projet urbain Montpellier 2040 »

Elle était un des points essentiel de ce conseil et a ouvert un débat important.

Nous sommes intervenus à contre courant sur cette délibération où les diverses interventions s’extasiaient sur la démarche.
Le point de départ de la majorité est comment anticiper la croissance démographique et en conséquence quel urbanisme prévoir.
Le problème est que nous avons assisté à un projet d’urbanisme idéalisé en dehors des contraintes sociales. De plus, il s’agit là d’un enjeu majeur en terme d’argent public et de vie au quotidien pour les habitants de Montpellier.
Nous ne sommes pas choqués que l’on débâte d’un projet urbain pour les 25 ans à venir, nous ne voulons pas d’un débat bâclé avec des décisions en Octobre 2013 comme nous l’a indiqué l’adjoint à l’urbanisme.
En faire un vrai débat suppose commencer aujourd’hui et le poursuivre pendant la campagne des municipales. Mais un vrai débat suppose parler de ce qui ne fait pas consensus. Montpellier est une ville pauvre, 70% des habitants peuvent prétendre au logement social.
Comment sortir de la spéculation immobilière à un moment où le m² est à 4 000 euros et où les loyers grèvent de façon importante le pouvoir d’achat des ménages ?  
Un plan d’urgence doit être décidé pour le logement social dans l’ensemble de l’Agglo alors que quasiment toutes les villes hors Montpellier sont en dessous des 10% de logements sociaux.
Des populations arrivent mais nous avons des taux de chômage nettement supérieur à la moyenne nationale et des chiffres record dans les quartiers populaires alors comment créer de l’emploi, comment faire venir des entreprises ? Il s’agit de voir arriver des dizaines de milliers d’habitants nouveaux mais avec quelle politique de transports publics, pensons-nous que le réseau actuel suffit ? Pour terminer, le gouvernement a fait le choix de la réduction des déficits et de la « règle d’or », cette décision aura des conséquences graves pour l’emploi et les investissements des collectivités, comment éviter d’en parler ? Comment financer la transition énergétique dans ce contexte ?
Nous sommes preneur de ce débat majeur en tenant compte de ce que nous venons d’évoquer.

Nous avons été les 2 seuls à voter contre cette délibération.




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