Succès de la mobilisation pour libérer le massif du Madres !



madres29sep12_15.jpgMalgré
une météo exécrable, la mobilisation contre la décision de Groupama d’interdire
le libre accès au massif du Madres (voir ici) a été un succès. Succès numérique
avec la participation de 500 personnes à la marche, succès surtout car Groupama
a décidé de lever l’interdiction.
Reportage
photo par la Gauche Anticapitaliste et revue de presse ci-dessous. 








Malgré une météo exécrable, la mobilisation contre
la décision de Groupama d’interdire le libre accès au massif du Madres (voir
ici) a été un succès. Succès numérique avec la participation de 500 personnes à
la marche, succès surtout car Groupama a décidé de lever l’interdiction.

Au delà de ce cas particulier, c’est la question d’une
loi pour maintenir le libre accès aux massifs comme  c’est le cas pour les plages avec la loi littorale qui est
posée. 

PHOTOS DE LA MARCHE DU 29 SEPTEMBRE

 ( photos DH pour la Gauche Anticapitaliste)

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première halte de la marche partie depuis le col de Jau : le refuge du Cailhau

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La marche entre sur la propriété privée interdite par Groupamamadres29sep12_15.jpg madres29sep12_16.jpg madres29sep12_17.jpg 

Rassemblement et prise de paroles par les membres du collectif « Libérez le Madres » et par les élus locaux.

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Après deux heures de marche sous une forte pluie, les marcheurs arrivent au refuge de la Balmette dans la zone interdite

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Beaucoup redescendent alors, vue la météo.

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Quelques courageux poursuivent l’ascenscion vers le sommet perdu dans les nuages.

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REVUE DE PRESSE 

500
marcheurs dans le massif du Madres alors qu’un nouveau combat se prépare

L’INDEPENDANT

Ni le
mauvais temps, ni l’annonce par
Groupama de la levée de l’interdiction d’accès au massif
du Madres,
aux confins des Pyrénées-Orientale et de l’Aude, n’ont découragé les marcheurs,
ce matin, de se rendre sur place. 500 personnes et une dizaine de maires des
P.-O. et de l’Aude
ont participé à la randonnée prévue ce samedi matin.

Ils ont
symboliquement ouvert la barrière érigée par Groupama (photo) et les guides et
randonneurs ont arpenté le site dans une ambiance détendue. Si l’interdiction
de circulation a été levée par le propriétaires, il s’agissait pour les
manifestants de montrer leur vigilance.

Mais un
deuxième combat de profile déjà en montagne
: les
maires de communes (Marc Rousset à Ayguatébia-Talau, Bernard Malpas à
Canaveilles, Marcel Fourcade à La Llagonne et Michel Santanach à Sauto)
viennent d’affirmer leur opposition au rachat, par le ministère de la défense,
du site du Tausse, situé sur leurs communes.

Le Centre
national d’entraînement commando (CNEC) de Mont-Louis, s’entraîne sur place
depuis longtemps mais, plutôt que de louer, l’armée aurait décidé de lancer une
procédure d’achat.

Si les
maires concernés renouvellent « leur volonté de voir le CNEC pérenniser
son activité de défense nationale sur leur territoire »
, ils
n’entendent pas « dessaisir leur commune de la propriété de ces terrains. »

.

 

 

Le
pic du Madres libéré !

Jean-Michel Salvador in L’INDEPENDANT

Nous avons
décidé que l’accès au pic du Madres est libre et le restera, ce sans
autorisation et à effet immédiat ». Ter-mi-née ! Après plusieurs semaines
d’agitation, le président Groupama Méditerranée Amaury Cornut-Chauvinc a mis
hier soir un terme à ‘l’affaire du pic du Madres’ révélée dans L’Indépendant du
23 août. Une déclaration d’apaisement qui survient à la veille de la
marche revendicative organisée demain.

Un tollé
général
Incompréhension, colère, indignation et pour finir mobilisation…
Comme au bon vieux temps de la Septimanie qui avait soulevé la vindicte
populaire sang et or (avant d’être enterrée mort-née), la décision de Groupama,
propriétaire des lieux, d’interdire l’accès du site aux randonneurs* avait
soulevé un tollé général et dressé la foule contre elle. Pétition, collectif de
défense, courriers des lecteurs, appels à manifester… Aux cueilleurs de
champignons se sont rapidement ajoutés les promeneurs et autres usagers et
amoureux de la montagne pour crier au scandale sur fond de loi Stratae. Un écho
repris en choeur par les catalanistes et les élus de tous bords. Ainsi, alors
qu’à Prades le conseil municipal adoptait une motion condamnant Groupama, le
président de région Christian Bourquin invitait le groupe mutualiste à ouvrir
des négociations « car personne n’a jamais interdit l’accès à la
montagne ». Amaury Cornut-Chauvinc ne sera pas celui-là. Le président de
Groupama Méditerranée vient en effet de signer une convention avec la
présidente du conseil général Hermeline Malherbe pour officialiser cette marche
en arrière dictée par un esprit de conciliation.

 

« Nos
intérêts ne sont pas opposés »

Pour
L’Indépendant, il revient sur ‘l’affaire’ et s’explique : « Groupama,
propriétaire du Domaine de Cobazet, sur la commune de Mosset, a dû mettre
en place une procédure d’autorisation destinée à gérer le flux des visiteurs
qui vont du refuge du Caillau au pic du Madres. En effet, si on ne peut que se
féliciter de l’engouement d’un nombre croissant de nos concitoyens pour la
randonnée, la gestion de la fréquentation d’un massif au caractère exceptionnel
relève d’une logique de protection des espèces et des paysages dont les
amoureux de la nature sont les premiers bénéficiaires. Voilà pourquoi Groupama
a dû mettre en place une procédure d’autorisation afin de gérer la
fréquentation de ce versant du massif du Madres conformément aux
responsabilités qui lui incombent. Il s’agit, d’un domaine classé en zone
Natura 2000 qui induit des engagements avec l’ONF (Office national des forêts)
en charge de la cogestion de la forêt avec Groupama et avec l’ONCFS (Office
national de la chasse et de la faune sauvage) dont les agents suivent les
espèces sur le territoire. Beaucoup de ces aspects ont été sortis de leur
contexte, jusqu’à la caricature, ce que je déplore parce que la dramatisation
d’une situation rend difficile le retour à la sérénité et au dialogue. C’est
pourtant mon souhait le plus cher depuis le début ».

Une main
tendue vers les amoureux de la nature qui s’inquiètent d’une restriction du
passage sur le Domaine du Cobazet : « Je les comprends et je les entends.
Mais aujourd’hui, le respect mutuel doit guider notre action. Je respecte et je
comprends la volonté des partisans d’un libre passage par le Domaine du
Cobazet. Je demande en retour qu’ils respectent les modalités de gestion qui
sont les nôtres et les choix qui s’imposent à nous en tant que gestionnaires.
Nos intérêts ne sont pas opposés, ils convergent puisque nous sommes tous
attachés à la préservation d’un territoire exceptionnel et à la sauvegarde des
espèces qui y vivent. Nous sommes tous des amoureux de la nature ».

Et le
président d’expliquer les raisons de ce revirement : « Encore une fois,
l’heure est au dialogue et à la concertation, nous réfléchissons depuis
plusieurs semaines à des solutions concrètes, mais nous les voulons durables et
équitables, et cette réflexion responsable ne doit pas être menée dans la
précipitation. Je viens de signer la convention que le conseil général m’a
envoyée qui formalise toutes ces dispositions qui ne visent qu’un objectif :
préserver un site exceptionnel. Et pour ce faire, nous comptons sur le soutien
de l’ensemble des acteurs ».

.

 

Massive
mobilisation pour le pic du Madres désormais sous haute vigilance

Valérie Pons in L’INDEPENDANT

Nous avons
recueilli, à chaud, les témoignages de Gabriel Page, Mossetan et membre du
Collectif « Libérons le Madres » et d’Antoine Glory, Pradéen et
président du Gprenc, suite à la levée d’interdiction d’accès au massif du
Madres par le président de Groupama, le propriétaire du site : Amaury
Cornut-Chauvinc (lire notre édition d’hier). Voici donc ce que pensent nos deux
interlocuteurs de cette décision qu’ils estiment « raisonnable » et qui
vient d’être prise en réponse à l’immense tollé et la vague de protestations
qu’elle a soulevés en août.

Gabriel Page
: « Réparation des dégâts et préjudices »

 

« Un pas
a été fait face à l’énorme pression que le président de Groupama, propriétaire
du site, a subie : à ce jour plus de 7 000 signatures de soutien et plus d’un
millier de témoignages spontanés sur le Net ! Mais pour autant – et le maintien
de cette marche l’atteste – nous ne relâcherons pas notre vigilance. Le
Collectif se base sur la loi Stratae qui date de l’an 1068 (XIe siècle) et
qui est toujours en vigueur. En substance elle dit ceci : « les
propriétaires privés doivent laisser le public profiter pleinement des
activités de la montagne : libre passage, cueillette des champignons,
balades etc. Ce sont des usages et un droit coutumier inaliénable qui
doivent être respectés…». Plusieurs arrêtés confirmant cette loi ont été
récemment pris : le premier à Narbonne en 2001 ; le second à Montpellier en
2002 et le dernier à la Cour d’Appel de Montpellier en 2006. Nous avons
retrouvé l’accès aux Madres, certes, mais maintenant nous attendons deux autres
actes fondamentaux : la réparation des dégâts et préjudices subis par cet
espace naturel – une piste pour les 4 x 4 des chasseurs d’isards ouverte sur
plusieurs kilomètres en pleine période de reproduction du tétras ! – et un
accord pérenne de cette autorisation d’accès en application de la loi
Stratae ».

Antoine
Glory : « Finaliser de façon juste et définitive »

« C’est une
grande satisfaction de voir que le président de Groupama a été sensible à cette
vaste mobilisation et qu’il a eu une réaction saine, mais il convient de rester
vigilant. Cette sage décision est pour nous, guides, accompagnateurs,
randonneurs à pied et autres amoureux de la montagne une petite victoire.
Cependant la bataille n’est pas encore gagnée. Le président de Groupama a parlé
de concertation : nous sommes prêts, bien entendu, à y répondre, parce que
notre but à tous est que les usagers et ayants droit de ce magnifique massif
puissent cohabiter, comme ils l’ont toujours fait, en bonne entente et en toute
convivialité. Mais aujourd’hui je pense à la souffrance des éleveurs de notre
terroir, à leurs conditions de travail parfois humiliantes, à ces baux qui leur
sont renouvelés chaque année avec de nouvelles contraintes à la clé alors
qu’auparavant c’était tous les 3 ou 4 ans. Je pense à ces barrières et ces
nouveaux codes qu’on leur impose, et à cette montagne – leur montagne – à
laquelle, au bout du compte, ils ont du mal à accéder ! Alors oui, il faut
finaliser tout celà, mais de façon concrète, juste et surtout définitive ».

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