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Pour en finir avec les violences sexistes et sexuelles, pour dire stop aux féminicides

2000 personnes ont manifesté à Montpellier le 25 novembre 2023, à l’appel de l’interorga Riposte féministe, pour toutes les victimes de la violence machiste, les femmes, les personnes LGBTQIA+, toutes celles qui souffrent et qui luttent. Pour toutes celles que nous avons perdues.

Il n’y a plus une seconde à perdre ! Nous exigeons immédiatement :

  • La sensibilisation dès le plus jeune âge, par la mise en œuvre réelle de l’éducation à la vie affective et sexuelle de la maternelle au lycée, comme la loi le prévoit, sans céder aux intimidations de l’extrême-
    droite et d’autres gardiens d’un ordre social dépassé
  • L’octroi de réels moyens pour lutter contre le cyberharcèlement
  • La mise en place de nouvelles obligations à l’égard des employeurs, afin de renforcer la protection des travailleuses face aux violences sexistes et sexuelles, y compris les violences conjugales
  • Un plan d’urgence national contre les violences faites aux femmes doté de 3 milliards d’euros

Plusieurs interventions ont eu lieu, en particulier celle concernant les femmes migrantes :

Violences contre les femmes : la triple pleine subie par les femmes migrantes.

Entre le départ du pays d’origine, jamais consenti de gaieté de cœur, et l’arrivée dans le pays, souvent mal dénommé « d’accueil », le parcours d’une personne migrante est semé d’embûches. Quand cette personne est une femme, les embûches sont décuplées et associées à des violences à toutes les étapes.

Quand une femme fuit son pays, c’est souvent pour échapper à des violences (grossesses imposées, mutilations sexuelles, viol, séquestration, prostitution forcée…) subies en raison de son genre et/ou de son orientation sexuelle. Sur le chemin de l’exil, qui peut durer plusieurs années, elles en subiront d’autres, notamment dans les pays de passage obligé entre l’Afrique et l’Europe, comme la Tunisie ou la Lybie, où l’esclavage sexuel est monnaie courante. Beaucoup de femmes sont enceintes ou accompagnées de très jeunes enfants dans les navires qui traversent la Méditerranée : ce n’est pas le fruit du hasard, mais celui de l’exploitation sexuelle.

Au terme de ce parcours de tous les dangers, les femmes, qui représentaient en 2022 47% des quelque 131 000 demandes d’asile déposées en France, ne trouvent pas de répit sur le sol français. Une étude conduite pendant six mois à Marseille par l’équipe du docteur Jérémy Khouani, en partenariat avec l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille et de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) montre que les exactions s’y poursuivent à leur encontre : « au cours de la dernière année, 4,8 % des femmes interrogées ont subi un viol en France. C’est 18 fois plus que la population générale. » Cela signifie que lorsqu’on est une femme demandeuse d’asile en France, on est davantage exposé aux risques de subir des chantages sexuels pouvant aller jusqu’aux viols. Et d’autant plus si on a déjà subi des violences auparavant. Le fait d’être isolée et à la rue, faute d’avoir eu accès à un hébergement d’urgence – droit pourtant inconditionnel – constituent des facteurs aggravants.

Au lieu d’encourager la mise en place de voies d’accès légales et sûres à l’asile, la nouvelle loi sur l’immigration défendue par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, de nouveau examinée par l’Assemblée nationale le 11 décembre, durcit toutes les conditions de séjour des personnes étrangères en France et rogne leurs droits sociaux élémentaires. Cette loi va dégrader encore plus la situation de femmes déjà précarisées à tous les niveaux, marquées dans leur corps et dans leur esprit, et les exposer encore plus aux violences.

Bien sûr, les femmes migrantes ne se réduisent pas aux violences qu’elles ont subies ou qu’elles subissent encore, mais elles doivent pouvoir en parler (elles se taisent la plupart du temps) pour être correctement accompagnées et les risques auxquels elles sont soumises doivent être pris réellement en compte par les autorités. Le gouvernement français ne peut pas d’un côté dénoncer les violences faites aux femmes et de l’autre rester sourds et aveugles à la réalité des conditions d’accueil des femmes en exil sur notre territoire.

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