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Quid de la liberté d’expression à Montpellier ?

En tant que mouvement politique du camp de l’émancipation, nous considérons que la démocratie et la liberté d’expression sont des questions fondamentales. On ne doit pas y déroger, que ce soit à l’échelle nationale ou locale.

Il est manifeste que depuis plusieurs mois la mairie de Montpellier suit une dérive inquiétante, à commencer par le conditionnement des subventions municipales aux associations à la signature d’une charte dite de la « laïcité », charte qui contredit elle-même les principes de la loi de 1905.

Dernier avatar en date, la condamnation du parti politique « Nous Sommes » à une amende de 6000€ pour sa campagne de tags urbains cherchant à inciter les citoyen.nes à aller voter lors de la dernière campagne de 2022. C’est incompréhensible et pose un sérieux problème de démocratie.

Si nous ne partageons pas des méthodes et des choix politiques du parti « Nous Sommes » (entre autres son alliance, non désavouée à ce jour, avec un milliardaire réactionnaire et un clown populiste misogyne ou plus récemment le choix de constituer un groupe d’opposition municipal, avec un nom délibérément confusionniste, en s’alliant avec l’ex-porte-parole du milliardaire en question), nous considérons que les conflits politiques ne doivent pas être réglés par des amendes ou des tribunaux. Il faut leur privilégier le dialogue et le débat dans le respect de la liberté d’expression.

Nous espérons donc vivement qu’il s’agit d’une grossière erreur administrative et que la municipalité de Montpellier y remédiera très vite afin que cela ne soit pas vu comme un règlement de compte politique de bas étage. Nous demandons donc l’amnistie de cette amende.

La liberté d’expression est une chose sérieuse, un droit fondamental qui ne doit pas être instrumentalisé mais qui doit être préservé dans toutes ses formes, y compris sur nos murs, nos trottoirs et dans nos espaces publics. C’est pourquoi nous dénonçons fermement toute tentative qui pourrait être faite de restreindre cette liberté, d’où qu’elle vienne.

Plus prosaïquement, nous demandons que soit mis en place en nombre et dans les différents quartiers de la commune de Montpellier de nombreux panneaux d’affichage libre réservés à l’expression des associations et des mouvements politiques. Actuellement, les panneaux disponibles sont recouverts par des annonces de concerts ou d’événements commerciaux déguisés, ce qui entrave la diffusion des idées et la liberté d’expression. Nous appelons donc à la mise en place de nouveaux panneaux d’affichage dédiés spécifiquement à ces expressions, afin de garantir une diversité d’opinions et un véritable débat démocratique dans notre ville.

Plus fondamentalement, nous le réitérons ici : la ville de Montpellier doit être un espace où l’on doit pouvoir faire vivre le débat démocratique, où il doit être possible de débattre de toutes les questions politiques. Concrètement, les salles municipales doivent pouvoir par exemple être accessibles aux collectifs et aux associations qui se mobilisent en soutien au peuple palestinien ce qui, aujourd’hui, n’est pas le cas et interroge sur la légitimation par la mairie de Montpellier du massacre en cours dans les territoires palestiniens. Elles doivent pouvoir accueillir les réunions publiques des associations qui, comme Amnesty International, dénoncent l’apartheid israélien, ce qui là aussi n’a malheureusement pas été le cas jusqu’à présent.

En conclusion, nous exhortons les autorités municipales à respecter la liberté d’expression et à favoriser un véritable débat démocratique à Montpellier. Nous restons évidemment déterminés à défendre les droits fondamentaux de toutes les citoyennes et de tous les citoyens.

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