L’ambiance était particulièrement chaleureuse, jeudi 14 mars au soir, dans la salle comble du Quartier Généreux, lors de l’initiative consacrée à l’Écosocialisme. L’envie ardente de voir enfin ce monde changer de fond en comble était palpable parmi tous les participant.es, réuni.es sous la bannière de la réflexion et de l’action. La nécessité d’une rupture radicale avec le néolibéralisme, le productivisme, le patriarcat, et autres maux était clairement exprimée. Une soirée riche en échanges avec le PG 34, le NPA 34, la GéS 34 et le public de la salle, qui appelle à d’autres événements similaires !
Ci-dessous, quelques éléments issus des discussions d’hier soir :
- L’Insoutenabilité du système économique et politique actuel :
- Socialement, les stigmates de l’inégalité sont trop visibles pour être ignorés : 1% des plus riches possèdent autant que 66% des plus pauvres, tandis que des centaines de milliers de personnes sont sans-abri, mal logées ou souffrent d’insécurité alimentaire. Matériellement, la course effrénée à la production et à la consommation entraîne une spirale de surproduction et de pollution, menaçant nos ressources et notre avenir. Écologiquement, la crise climatique et la dégradation de la biodiversité signalent un désastre en cours, alimenté par une logique économique vorace et insatiable.
- La Quadruple Prédation :
- Le capital exerce sa domination sur le travail et la nature, perpétuant ainsi les structures patriarcales et racistes qui exacerbent les inégalités et la dépossession pour le plus grand nombre.
- Pour un Projet Écosocialiste :
- Nous aspirons à une transformation profonde, articulée autour de la critique du capitalisme, d’un horizon écosocialiste intégrant le meilleur des traditions sociales et écologiques, de stratégies anticapitalistes et de tactiques politiques adaptées à la situation française, en lien et en solidarité avec d’autres mouvements en Europe et dans le monde.
- L’Importance de la Réflexion Stratégique :
- Face à ces crises majeures, dans une période de bouillonnement social important comme nous l’avons encore vu lors du mouvement des agriculteurs cet hiver, nous devons définir des orientations politiques claires pour guider nos actions collectives.
- Redéfinir le Socialisme :
- La chute du mur de Berlin, la soumission des socio-démocrates devenus socio-libéraux, l’omniprésence de la question écologique montrent la nécessité de repenser un projet émancipateur comme le fut au début du siècle dernier le Socialisme. Historiquement, le socialisme émerge comme une alternative fondamentale au capitalisme, promouvant la propriété collective des moyens de production, la planification économique et la justice sociale, tout en favorisant la solidarité et la coopération internationale. Nous ne partons pas de rien, mais à la lumière des expériences passées et des enjeux cruciaux actuels, il est nécessaire de refondre tout cela, de refonder un Horizon désirable.
- Refonder un Horizon :
- Nous réaffirmons ainsi notre engagement pour un horizon écosocialiste, enraciné dans des valeurs éthiques de l’égalité, de la solidarité, de l’émancipation (individuelle et collective), la préservation de la Planète (Gaïa), la démocratie, l’autogestion et la préservation des biens communs gérés démocratiquement sous le prisme de l’usage et non pas de la propriété.
- Naviguer vers cet Horizon :
- Cheminer vers cet Horizon est un processus permanent, qui peut emprunter de multiples chemins mais qui nécessite d’avoir une boussole (des principes) et une orientation. Le monde est complexe, interconnecté auquel il faut ajouter la complexité écologique du système Terre. Aller vers cet horizon ne peut se résumer à la prise d’un Palais qu’il soit d’Hiver ou de l’Élysée. Cela nécessite de mener des batailles sur différents fronts (idéologique, économique, politique, culturel, institutionnel), des batailles de position, des batailles en mouvement.
- Champ des idées : bataille de valeurs Travail-Famille-Patrie contre Solidarité-Égalité-Gaïa
- Champ du travail : répartition des richesses, conditions de travail, la définition collective, démocratique des objectifs et des moyens de production
- Champ institutionnel : dans l’État, dans les collectivités territoriales, dans les administrations
- Champ culturel : presse, partis, syndicats…
- La Lutte des Classes au cœur de ce chemin : La lutte des classes est présente dans tous ces champs et nous devons la mener. Nous devons la mener avec les syndicats, avec les associations. Nous devons la mener avec et non pas à la place de, car nous devons lutter contre le piège du substitutisme. Un de nos principes doit être de respecter l’indépendance des syndicats mais plus largement, au nom de notre socle des valeurs, nous devons lutter pour l’indépendance des médias et la respecter.
- Unifier les Multiples Luttes :
- Les crises sont multiples, les fronts, les luttes aussi. Nous reconnaissons la diversité des luttes et notre objectif pour renverser le rapport de force et avancer vers cet horizon est de les rassembler autour d’un programme politique commun, partagé, tout en respectant évidemment leur dynamique propre.
- Démocratiser les Institutions :
- Non, la fin ne justifie pas les moyens. Au contraire, les moyens conditionnent la fin et le chemin. Les chemins empruntés sont cruciaux. Dans notre mouvement Écosocialiste, nous nous engageons à promouvoir des institutions démocratiques et collégiales où chaque voix compte, où la pluralité est défendue.
- La Confrontation Inévitable :
- Bien sûr, étant donné l’horizon que l’on pointe, les possédants de ce monde du capital et du carbone se dresseront face à cette dynamique écosocialiste. Face à la bourgeoisie et à ses alliés, nous affirmons notre choix : écosocialisme ou fascisme. Le fascisme est le pire ennemi des femmes, du prolétariat mais aussi de Gaïa. Nous devons mener une lutte totale contre le fascisme et ses divers masques. Face à ces confrontations, il faut faire nombre et s’organiser. Nous appelons à la formation d’un front populaire écologique majoritaire, porté par une fraction radicale déterminée.
La soirée au Quartier Généreux a montré que cette perspective écosocialiste recevait un écho très favorable. Elle a montré aussi une très grande proximité entre les 3 formations politiques présentes à ce débat (NPA, PG, GéS), que des combats communs existent, que d’autres sont possibles. Enfin, elle a montré la nécessité de continuer le dialogue et le débat de fond sur ces questions fondamentales et concrètes. À quand donc un prochain débat ? Les sujets ne manquent pas : déchets, énergie, la question de l’État, écosocialisme et politique locale…
Pour aller plus loin :