8 Mars grève féministe : on arrête toutes !
Le 8 mars, c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et, cette année, cette date entre singulièrement en résonance avec l’actualité. Dans le monde, partout des femmes se battent pour leurs droits : celui d’avorter, de s’exprimer, de se déplacer librement, ou simplement de survivre. L’accession de l’extrême-droite ou de droites populistes au pouvoir génère toujours des reculs importants pour les droits des femmes, comme en Argentine ou aux Etats-Unis. A Gaza, sous les bombes, 70% des victimes sont des femmes et des enfants.
En France, la situation est contradictoire : Le Président de la République prend la défense d’un Depardieu accusé de viol, en piétinant ainsi la souffrance de toutes les victimes de viol. Le 22e féminicide de 2024 s’est déroulé le 20 février à Montpellier dans la cour même du Palais de Justice. Le 6e rapport du Haut Conseil à l’Egalité sur l’état des lieux du sexisme en France est inquiétant : 9 femmes sur 10 déclarent avoir personnellement subi une situation sexiste. Chez les hommes, les réflexes masculinistes persévèrent : un quart des 25-34 ans pense qu’il faut parfois être violent pour se faire respecter.
Mais il y a des raisons d’espérer. La prise de parole émouvante et courageuse de Judith Godrèche sur les violences sexuelles dans le cinéma oblige, à nouveau, tout le monde à regarder la vérité en face : on n’en a pas fini avec # Metoo, les femmes ne se tairont plus et ce qui était toléré, ou semblait ne pas poser de problèmes, il y a 20 ans ne le sera plus. Plus par elles, en tous cas.
https://gauche-ecosocialiste.org/silence-on-tourne/
Le Parlement vient de voter l’inscription de la liberté d’avorter dans la Constitution, ce qui est une avancée symbolique majeure. Une liberté n’est pas un droit, du point de vue de la responsabilité de l’Etat, mais c’est toujours ça de pris. Pour autant, rien n’est réglé sur le droit réel d’accès à l’IVG, mis à mal par la clause de conscience, des délais trop longs et la situation dramatique des services hospitaliers.
Bref, nous avons du pain sur la planche. La mobilisation pour le 8 mars est une étape dans la lutte pour la construction d’une société émancipatrice qui nous concerne toutes et tous.



