Des luttes locales à la résistance globale 

Week-end studieux et militant de la coalition nationale

« La Déroute des Routes »

A l’heure de la COP 27, énième avatar qui ne débouchera sur rien, hormis le constat de son échecs face aux objectifs fixés par les COP précédentes, s’est tenue, ce week-end des 11,12 et 13 novembre, une réunion nationale bien plus enthousiasmante. Pour la 2e fois en 2022,  la coalition nationale « la Déroute des routes » s’est réunie près de Montpellier : une vingtaine de collectifs de lutte contre les projets routiers étaient présents.

Tout d’abord, ce fut un week-end de travail, pour creuser l’argumentaire, étoffer le manifeste, harmoniser les positions, avancer sur le fonctionnement et les modes de décisions, prévoir des actions communes. Tout cela dans le respect de la diversité des collectifs, qui ont des modes d’action, des histoires et des longévités différentes. Mais qui ont aussi beaucoup de choses en commun, car partout, les projets routiers ont les mêmes conséquences: destruction des écosystèmes, bétonisation des terres agricoles, urbanisation galopante, accentuation du phénomène de métropolisation. C’est pourquoi la coalition a initié  un moratoire sur tous les projets routiers destructeurs, qu’elle fait signer dans un premier temps par les député.s et les élu.es.

Puis, ce fut un week-end militant : dimanche 13 novembre, la coalition est venue soutenir la lutte contre le LIEN. Lors de la Conférence de presse, le collectif SOS Oulala et la coalition la Déroute des routes sont intervenus, ainsi que les 2 députés NUPES du secteur,  Sylvain Carrière et Sébastien Rome, qui ont signé le moratoire, et René Revol, maire de Grabels. A cette occasion, Sylvain Carrière, a soulevé, entre autres,  la contradiction entre la mise en place de la ZFE (Zone à faibles émissions), qui pénalise les classes populaires qui ne peuvent pas changer de voiture, au nom de la lutte contre la pollution routière, et le fait que  « en même temps », les autorités continuent de promouvoir de nouveaux projets routiers qui polluent. (sur la ZFE : https://resistons.net/articles/la-zfe-zone-a-forte-exclusion/)

le collectif “Changeons le système pas le climat” avait appelé à soutenir cette initiative

Ensuite, le sentier de randonnée du LIEN a été inauguré, sur les collines pas encore dynamitées, pour se réapproprier cet espace naturel confisqué. Une centaine de personnes se sont ainsi promenées, guidées par un naturaliste qui leur a fait découvrir au passage les niches de biodiversité qui disparaîtront si le projet n’est pas stoppé.  136 espèces protégées sont menacées. Cette promenade faisait écho à celle organisée il y a tout juste un an, peu après la violente expulsion de la ZAD du LIEN.

Le symbole inventé par SOS Oulala pour flécher le sentier de randonnée
Randonnée sur la colline pas encore dynamitée ni défigurée par les bulldozers
Le département aime les arbres ! puisqu’on vous le dit !

Après un repas partagé de soupes délicieuses (merci Nanard!) autour du bar mobile de la Carmagnole, la journée s’est terminée par une conférence-débat intitulée « Des luttes locales à la résistance globale », où ont été exposés, à plusieurs voix, les arguments de fond de la coalition.

Bruno du collectif “GCO, non merci !”(Strasbourg) a évoqué les coûts pharaoniques de ces projets routiers : d’après Reporterre, on totalise 18 milliards d’Euros dont 12 milliards d’argent public. Enora, du collectif  Non A153-A134 (Rouen) a documenté leurs conséquences néfastes en termes environnementaux, sociaux et de santé publique. Elle a tordu le cou au mensonge de la « solution technique » par la voiture électrique. Anna, du SOS Oulala (contre le LIEN) a développé les aspects afférents d’urbanisation et  d’accélération de la métropolisation. Elle a montré qu’il était plus facile de s’opposer à la construction d’une route que, une fois la route construite, à toutes les ZAC, lotissements et entrepôts qu’elle permet.  Sylvain, de la Lutte des Sucs (Auvergne) a détaillé les problèmes démocratiques (opacité, verrouillage des autorités locales, consultations biaisées et inégalité d’accès à l’information et à la parole…) et ébauché des pistes d’alternatives.

Des actions communes sont à venir… Plus que jamais, nos luttes locales nourrissent la résistance globale contre un système mortifère, écocide et à bout de souffle.

Delphine Petit

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