Elections régionales : un nouveau pas en avant pour une liste de la gauche de la gauche en Languedoc-Roussillon.

La réunion unitaire régionale proposée par le NPA, le mercredi 25 novembre, a été un succès. Elle deviendra peut-être une date importante, premier pas significatif vers un accord électoral unitaire de l’ensemble des partis à la gauche du PS à l’occasion des élections régionales de mars prochain en Languedoc-Roussillon.

Il faut dire que la région Languedoc-Roussillon est un cas particulier et son président Georges Frêche a le don d’irriter, par sa politique, ses attitudes et autres « bons mots », les partis qui se réclament de la gauche.
Le NPA avait proposé cette réunion car toutes les forces politiques à gauche du PS avaient plus ou moins annoncé (certaines de manière confuse ou contradictoire) qu’elles ne pouvaient envisager une fusion de second tour avec une liste conduite par G. Frèche, ce qui ouvrait la possibilité d’un accord dans notre région.

Succès de participation

La réunion a rassemblé près de 50 participants et personne ne manquait à l’appel : Le NPA bien sûr mais aussi le Front de gauche (PCF, PG et GU), la Fédération (FASE), les Alternatifs, le M’PEP et les objecteurs de Croissance. Chaque délégation était régionale avec par exemple, pour le NPA des représentants des cinq départements, pour le PCF les secrétaires de 4 départements ainsi que le chef de file régional du PC, F. Liberti. Le FSQP souhaitait être présent mais n’a pas pu.

Désaccord national et spécificité languedocienne..

Le désaccord national entre le NPA d’une part, le PCF et le PG d’autre part, porte sur le gouvernement des régions dans le cadre de majorités dominées par le PS.
Le NPA pense que, dans de tels cas, il n’est pas possible d’aller dans les exécutifs car cela conduirait (solidarité de gestion) à apliquer une politique sociale-libérale et donc à voter contre les propositions défendues au premier tour.
Pour le NPA, les élus devraient alors rester indépendants, c’est à dire pouvoir voter pour ou contre les mesures proposées.
Cette position est rejettée par le PC qui pense qu’il faut œuvrer à « de bonnes majorités de gauche ». Le PG étant plus nuancé, le Front de Gauche a indiqué qu’il faudrait des « conditions de programme et de rapport de force » pour gouverner les régions avec le PS, mais il n’a jamais été possible de savoir qu’elles étaient ces fameuses « conditions ».
Le NPA a donc proposé d’indiquer des éleménts de programme (par exemple, l’arrêt des subventions aux entreprises capitalistes).
Dans un souci de compromis sur le gouvernement des régions, le NPA a proposé d’indiquer « qu’il ne serait pas possible d’aller dans des exécutifs dominés par le PS et et EE qui mèneraient une politique d’adaptation au libéralisme». Le Front de Gauche a jugé cette proposition inacceptable.
Une minorité du CPN du NPA propose donc un autre compromis : « chacune des forces déterminerait à l’issue des élections si on peut ou non y aller », étant entendu que le NPA n’irait pas dans des exécutifs dominés par le PS. Là où elle a été testée, cette proposition de compromis a également été refusée par le PC, refus confirmé par un interview de P. Laurent, n°2 du PCF à Médiapart.

Ce désaccord national entre NPA et FdG n’a cependant pas de conséquences pratiques en Languedoc-Roussillon.
A l’echelle nationale, le NPA est, dans ces élections, pour des fusions démocratiques de second tour entre toutes les listes de gauche afin de battre la droite et de permettre une représentation de nos électeurs, en l’absence de véritable proportionnelle, cela sans être obligé d’accepter un accord de gestion avec le PS.
Mais, dans notre région, cette proposition exclut une liste avec G Frèche, notamment car celui-ci tient régulièrement des propos qui visent à séduire l’électorat raciste.

Exprimé plus ou moins clairement, cela est partagé par l’ensemble des forces de la gauche de la gauche. Du coup, si personne n’entend fusionner avec la liste Frèche, la question des exécutifs est ici purement théorique et un accord devient possible.

Pour le NPA Languedoc-Roussillon, il faut au premier tour une liste unitaire de la gauche anti-libérale et anti-capitaliste et au second tour permettre un vrai vote de gauche, contre la droite mais sans Frèche.(sous réserve du vote définitif des militant-e-s)
La liste unitaire devrait donc se maintenir (seuil 10%) en proposant des fusions démocratiques aux autres listes de gauche non-fréchistes.

Le NPA avait proposé de discuter d’abord du programme.

Le tour de table a montré de nombreuses convergences pour un programme antilibéral de rupture avec la gestion précédente (transports publics, subventions publiques, formation professionnelle, services publics, démocratie active, etc…). Cependant, nous ne sommes pas rentrer dans les détails et des commissions devront se mettre au travail. Des points importants peuvent faire divergence (gratuité des TER ou non, arrêt des subventions au patronat ou « mises sous conditions » de ces subventions) mais ne sont pas des obstacles insurmontables.

Sur le second tour et les exécutifs, le débat fut d’abord assez confus car certaines organisations reprennaient le débat national ou ne donnaient pas clairement leurs positions. Le PCF a d’abord expliqué qu’il fallait attendre de voir si une liste PS se faisait contre Frèche.

Mais au final, et c’est un point extrèmement positif, un accord oral s’est dégagé pour une liste unitaire au premier tour, l’absence de fusion possible avec la liste Frèche et des fusions démocratiques avec la ou les autres listes de gauche (Verts…).

Un accord oral s’est fait aussi sur le nom à ne pas donner à la liste unitaire : il ne pourrait être ni Front de Gauche ni celui de l’alliance nationale qui se fera peut-être autour du FdG. Le nom devra manifester le large rassemblement particulier au Languedoc-Roussillon qui intéègre le FdG, le NPA et les autres courants.

On est bien sur la voie du succès pour une liste unitaire en rupture avec les politiques social-libérales et la gestion frêchiste de la région.

David Hermet
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