Montpellier Universités Contre l’Idex et autres Labex…!

[10 décembre : Une loi LRU II votée en catimini. Diplômes, chercheurs, bâtiments, tout est à vendre ! (Sauvons l’université)]

Une assemblée générale s’est tenue le 7 décembre à l’UM3, l’université Paul-Valéry (Montpellier III), portant sur le projet gouvernemental de grande université Sud de France, le Plan Campus, le Grand Emprunt, les Initiatives d’Excellence (Idex).


Cette AG faisait suite au projet de fusion des universités de Montpellier, pour la création d’un Idex, dans un contexte où la présidente de l’UM3 refusait de fusionner (voir ci-dessous).

Il ressort de cette AG les éléments suivants :

1) Les Idex c’est la constitution d’un regroupement d’équipes (provenant d’universités/établissements différents), qui postule au titre d’Idex (dans une grande opacité), et peut avoir accès à environ 1 milliard d’€ du grand emprunt.

2) C’est en réalité donc une mise en concurrence entre universités/établissements, entre UR [Unités de Recherche], mais aussi entre équipes d’une UR (puisque une équipe d’une UR peut être appelée à postuler, les autres équipes de la même UR n’y étant pas invitées). C’est tout simplement l’organisation de la déstructuration des universités et des instituts.

3) Le milliard promis, c’est en fait un emprunt réalisé sur les marchés financiers, qui sera lui même replacé sur les marchés, et dont seuls les intérêts seront une source de financement.

4) La gouvernance de ces Idex (et aussi la gestion de l’argent et de ses placements) sera donnée à des fondations (hors de contrôle des instances actuelles comme le Conseil d’Administration), qui aboutira à une privatisation de ces organismes. Par exemple, le président de la fondation en place pour l’UM1 est PDG de plusieurs cliniques privées de Montpellier. De plus, tous ces projets doivent bien sûr associer des financements publics/privés pour être recevables.

5) Les fusions orchestrées à l’occasion de ces Idex, c’est l’occasion de remettre en cause les statuts des universités : par exemple, le projet de passer l’UM2 en grand établissement, avec autonomie en terme de frais de scolarité, formation, recrutement, diplôme…

6) L’excellence, c’est en réalité l’exclusion de la plupart. Imaginons que les Idex soient constitués. Le gouvernement dira qu’il a distribué X milliards pour l’enseignement supérieur et la recherche (en réalité, c’est uniquement les intérêts des placements de ces X milliards qui serviront). Il dira à tous ceux qui ne sont pas dans ces Idex (parce que jugés non productifs) qu’il n’y a plus d’argent ; ces derniers seront amenés à disparaître.

7) La méthode, c’est la division (chacun se disant qu’il ne va pas être le seul à ne pas postuler à ces Labex [Labos d’excellence] et Idex) et la marche forcée à coup de délais courts : par exemple, à l’UM3 les labos autorisés à postuler à des labos d’excellence sont ceux qui ont obtenu un A ou A+ à l’AERES [A+ et A sont les bonnes notes données par l’AERES qui est l’ agence gouvernementale mise en place pour évaluer toutes les UR de France], et les chefs des labos ont eu une nuit de délai entre l’annonce de la nécessité de postuler à ces Labex et le moment de rendre leurs décisions.

On voit clairement la logique du projet d’ensemble qui est de :

1) confisquer et centraliser les financements via l’ANR [agence gouvernementale qui gère presque tous les appels d’offre de recherche en France, et qui décide de l’attribution des financements]

2) organiser un simulacre d’évaluation par l’AERES

3) attribuer des financements (ou des promesses) à de nouvelles structures (Consortium, PRES, Idex) issues de fusion de bouts d’organismes et qui en réalité confisque les moyens de décision et déstructure les organismes existants.

Tout cela pour diriger une recherche et un enseignement supérieur vers une seule alternative : servir la production privée ou disparaître.

Après discussion entre représentants syndicaux et les personnes présentes, il a été décidé d’adopter une motion pour dire :

« Contre l’Excellence, faux ami de la Science ! Les 70 personnels des universités et organismes de recherche de Montpellier réunis en AG le 7 décembre 2010, à l’appel de l’intersyndicale (CGT-FSU-FO-SUD) ont pris connaissance et débattu des menaces engendrées par la fusion des universités dans le cadre du projet « Initiative d’Excellence » (IdEx). Ils se prononcent contre et exigent le maintien de toutes les disciplines, en particulier toutes celles de lettres, langues, arts et sciences humaines et sociales (LLASHS) et de tous les domaines, thèmes et laboratoires de recherche ! Ils décident de l’organisation d’AG sur tous les autres sites UM1, UM2, CNRS, et les autres centres de recherche. »

Les syndicats présents : SNTS-CGT (CNRS et IRD), CGT UM1, CGT CIRAD, CGT CEMAGREF, SNESUP UM3 et UM2, SUD Recherche et SNPREES-FO.

Compte rendu réalisé par un des membres du NPA présents à l’AG

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Montpellier Universités : « l’Excellence ça pue », lance un chercheur de la fac de sciences (Midi Libre)

A lire aussi :

L’excellence, ce faux ami de la science (Libé)

L’Elysée veut « réduire » les organismes de recherche (Libé)

(L’Hérault du Jour, le 8 décembre 2010)

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Université Paul Valéry (Montpellier) : un coup de gueule de la présidente pour mieux réintégrer le pôle d’excellence gouvernemental !

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