UNE VICTIME DE l’EXTRÊME DROITE SUR LE MÊME BANC DES ACCUSES QUE SES AGRESSEURS

Le 18 septembre 2025 à Montpellier, en marge de la manifestation syndicale, un groupe d’au moins vingt hommes a proféré des insultes sexistes et menacé des lycéennes du lycée Joffre au point qu’elles ont dû se réfugier dans l’établissement, tout comme d’autres passants. Ce groupe a ensuite bousculé des observateur.ices de l’Observatoire des Libertés de Montpellier puis tabassé 3 hommes attablés en terrasse de bar aux Beaux-Arts, les envoyant à l’hôpital. Les différents épisodes, tous documentés, se sont déroulés en présence d’un important dispositif policier, comprenant des agents de la BAC plusieurs fois présents durant les faits.
Les agresseurs sont cependant repartis sans encombre. Six des agresseurs comparaîtront ce 10 septembre, après une audience ajournée en février dernier. Mais une victime comparaîtra également, accusée d’avoir porté un coup de poing dans le vide, essayant de se défendre après avoir vu une première victime à terre. La troisième victime, la plus gravement blessé.e puisqu’elle a eu plus de 15 jours d’ITT, a vu sa plainte classée sans suite pour défaut d’identification des agresseurs.
D’après les multiples témoignages et images, ces hommes appartenaient clairement à la mouvance d’extrême droite identitaire : propos racistes et sexistes, marques de vêtements affichant ouvertement sur leurs sites leur appartenance à ce courant idéologique violent, raciste, misogyne, transphobe… Le mode opératoire rappelle celui des raids de nervis sur des bars ou lieux associatifs à Paris, Lyon, Toulouse, Nice ou encore Alès où l’attaque d’une douzaine de membres supposés de la ligue dissoute le Bloc montpellierain avait fait unevingtaine de blessé.e.s le 31 mai 2025 au bar associatif le Prolé.
Suite au dépôt de sept plaintes, le procès de trois des agresseurs présumés aura lieu le 6 octobre au tribunal correctionnel d’Alès. Le Collectif Montpellier contre l’Extrême-Droite tient à rappeler qu’en France les agressions commises par des personnes se revendiquant de cette idéologie mortifère sont quasiment quotidiennes. Si un militant néo-nazi revendiqué comme Quentin Deranque mérite une minute de silence à l’assemblée nationale, que méritent les victimes de sa famille idéologique ?
Celles et ceux qui vivent ces agressions sont silencié.e.s, voire accusé.e.s, par les policiers qui rechignent à prendre leurs plaintes et qui refusent d’y faire paraître la motivation haineuse – quand ils n’ont pas eux-mêmes accompagné les agresseurs d’une scène de violence à l’autre.
Le 10 septembre 2026, une personne qui s’est élevée contre la violence fasciste est sur le banc des accusés, quand d’autres ont même été tués, comme Federico Aramburu le 22 mars 2022. Le procès de ses assassin présumés, Loïk Le Priol et Romain Bouvier, qui osent plaider la légitime défense alors qu’ils ont tiré sur des hommes désarmés depuis leur véhicule, s’est ouvert ce lundi 7 septembre.
Nous demandons à la justice de prendre en compte le motif idéologique d’extrême droite, car ne pas nommer le caractère idéologique conduit à ne pas le juger, et l’impunité encourage les actes de haine. Mais surtout, nous voulons rappeler que ces violences progressent en même temps que la banalisation des idées d’extrême-droite s’installe dans nos mairies, dans nos médias et dans nos rues. Nous devons les combattre partout, tout le temps.









